François Buloz

Vindicatif

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M. Alexandre Dumas fils, furieux de ce que Jules Mirès a pris la plume pour critiquer sa pièce la Question d’argent, a juré de faire chaque matin un mot sur le millionnaire. A propos, le Figaro cite la scie suivante, faite par Alexandre Dumas père, contre François Buloz :

Qui ne connaît la façon (sans façon) dont l’auteur de tous les Mousquetaires a balancé, pendant six mois et plus, le directeur (et cofondateur) de la Revue des Deux Mondes ? Chaque fois qu’il écrivait à quelqu’un, Alexandre Dumas calculait,  avec une impitoyable précision , quelle distance séparait ce quelqu’un de M. Buloz, qui habite rue Saint-Benoit. Cela fait, si son correspondant demeurait, par exemple, rue de Poitiers,  Dumas père rédigeait l’adresse en ces termes :

A M. X, rue de Poitiers — à quatre rues de cet imbécile de Buloz.

La lettre de Dumas devait-elle se rendre dans les départements, soit à Orléans ? Même calcul d’arpentage avec la solution sur l’enveloppe : 

A M. Y, à Orléans — à 32 lieues de cet imbécile de Buloz.

La lettre de Dumas allait-elle à l’étranger ? N’importe ! L’inexorable Dumas s’obstinait à prendre les mêmes mesures, et allait jusqu’à les traduire en langue étrangère :

— A sir John … à …, en Angleterre — à 115 milles de cet imbécile de Buloz.

Les facteurs de la poste ont eu entre les mains plus de deux mille lettres de Dumas, avec ses suscriptions à la louange de M. Buloz. Aussi, remarquez-le bien, jamais un facteur de la poste ne répondra par un simple signe de tête au salut très humble du pauvre M. Buloz !

« L’Argus et le Vert-vert réunis. »Lyon, 29/03/1857.