Franklin

L’apologue du chapelier

Publié le Mis à jour le

declaration-independanceLorsqu’en 1776, le congrès américain discutait la fameuse déclaration d’indépendance des Etats-Unis, Jefferson, l’auteur de la déclaration, était fort tourmenté de voir son projet défiguré par les modifications que chaque député voulait y apporter. Pour le rassurer, Franklin, à l’exemple de Socrate, lui raconta cette histoire :

Mon ami, lui dit-il, je me rappelle que du temps où j’étais imprimeur à Boston, un chapelier ouvrit sa boutique. Il avait pour enseigne un grand chapeau rouge, et au-dessus de sa porte, il avait fait mettre cette inscription : John Thompson, chapelier, vend et fait des chapeaux au comptant. Il était très désireux de voir sa belle enseigne approuvée par ses amis.

Elle est bien, votre enseigne, lui dit le premier auquel il s’adressa; mais il y a un mot de trop, le mot chapelier. Puisque vous vendez des chapeaux, il est évident que vous êtes chapelier.
— C’est juste, fit John Thompson, et il effaça le mot.

Le second dit : 

C’est très bien, mais pourquoi y-a-t-il au comptant ? Refuseriez-vous de vendre à crédit si une personne solvable vous le demandait ?
— C ‘est juste, fit Thompson; et  il effaça
au comptant.

Survint un troisième qui dit : 

Fait des chapeaux… qu’importe au public que vous fabriquiez des chapeaux; mettez seulement : John Thompson vend des chapeaux.
— Pourquoi mettre : 
vend des chapeaux dit un quatrième. Personne pense-t-il que vous les donniez pour rien ?

De toute cette enseigne, il ne resta donc que le grand chapeau rouge et le nom de John Thompson.

Avis à ceux dont on discute les enseignes ou les projets.

 

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