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Intermède comique

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Le citoyen Lisbonne  vient  agrémenter d’un intermède comique la période électorale.Voici la proclamation qu’il a fait afficher dans Paris.

Élection législative du 27 janvier 1889.

Citoyens, électeurs de la Seine. Un grand nombre d’électeurs m’offrent la candidature à la Chambre des députés. J’accepte.

Criblé de dettes, dont l’origine remonte à 1865, où j’étais directeur du théâtre des Folies-Saint-Antoine, et comme je suis honnête, je ne puis être élu qu’à une condition : Désintéresser mes créanciers, qui sont au nombre de 1793. Je n’invoque pas la prescription !!!

Mon programme, si j’étais élu, vous le connaissez : Suppression de la Présidence, du Sénat et de la Chambre, étant prouvé que, pendant les vacances, on n’est jamais plus tranquille.

Suppression du budget des cultes, liberté de réunion et d’associations ouvrières, séparation de l’Église et de l’État.

Pour arriver à siéger à la Chambre, il faut que je désintéresse mes créanciers. Je fais donc appel à un terre-neuve financier qui voudra bien me débarrasser des huissiers, notaires et hommes d’affaires, qui me tombent sur le dos chaque fois que j’entreprends une direction ou une industrie quelconque.

Je ne suis pas gourmand. Le citoyen financier assez patriote pour mettre seulement CENT MILLE FRANCS à ma disposition aura bien mérité de la patrie et de mes créanciers. 

Si je suis élu ? Je remplirai fidèlement mon devoir.

Au cas d’un échec, 1793 créanciers, réunis dans un banquet dont mon sauveteur financier sera président de droit, porteront des toasts à l’infini au Manteau bleu politique qui les aura payés beaucoup plus tôt que je n’aurais pu le faire. Il remportera à la sortie leurs bénédictions accompagnées de toutes celles des officiers ministériels de Paris, de la France et de l’étranger.

Vive la République!
Salut et fraternité.

Colonel Lisbonne,
Ex-forçat de la Commune et directeur
des Frites révolutionnaires.

« Gazette littéraire. » Paris, 1889.

Démocratie et Laïcité

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La Laïcité est une vision de l’Etat, qui permet de bâtir un monde commun où chaque citoyen peut ajouter un sens à sa vie, réaliser les idéaux républicains de Liberté, d’Egalité et de Fraternité. Ainsi, les religions ne jouissent d’aucune reconnaissance officielle dans la constitution, dans les services publics ni dans les autres les instances de l’État. La séparation de l’Eglise et de l’Etat date de 1905 en France par exemple. D’autres démocraties ont suivi.

La Laïcité va en parallèle avec la notion de République en vue du bien commun. Elle y est nécessaire puisque dans une démocratie les citoyens ne doivent jamais dépendre aux inégalités de statuts. Leurs choix doivent être réfléchis selon leurs aspirations et non décidés par les chefs de « communautés », ou commandés par l’émotion médiatique. Pour cela, la laïcité scolaire est nécessaire en vue de la formation des jeunes comme futurs citoyens vivant en pleine liberté de conscience.

Le principe de Laïcité peut ainsi se traduire juridiquement dans la Constitution et sous formes de lois. Ses conséquences sont : 1) la liberté d’expression, de pensée et d’appartenance religieuse, 2) l’institution d’un enseignement public non dépendant d’aucune religion, 3) le refus du communautarisme, 4) la Séparation entre l’État et la religion dominante des religions, 5) l’organisation impartiale de services publics, d’assistance sociale et de santé pour tous les citoyens sans distinctions.

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