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Concurrence déloyale

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L’art ne nourrit pas toujours son homme, il faut parfois que le commerce y aide un peu. C’est sans doute l’avis d’un brave marchand de tableaux de la place du Tertre.

Désirant profiter de l’affluence du peuple amené par la fête de Montmartre, le marchand de toiles avait eu l’idée de s’installer sur le trottoir et de vendre des sacs de frites.

Peinture à l’huile.

Frites à l’huile. Cornet, 1 franc.

Les deux annonces superposées se regardaient en chiens de faïence, mais les clients n’en avaient cure qui faisaient queue, en proie à une douce attirance. Or, chose curieuse, (trois fois hélas, pauvres rapins !), ce furent les pommes qui se vendirent, mais les navets restèrent pour compte.

En vérité, ne trouvez-vous pas qu’il y a des légumes pires que les gens et dont
les procédés ne devraient pas être tolérés par la nature, fût-elle morte ?

« Comoedia. »Paris, 31 juillet 1922.
Illustration : photo truquée (un chouïa).

 

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Frites révolutionnnaires

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L’escroquerie au téléphone

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Des inspecteurs de l’alimentation viennent de faire une curieuse découverte. Depuis longtemps, ils surveillaient certains marchands de frites populaires qu’ils soupçonnaient de vendre tout simplement à leur clientèle de vieux morceaux de carton d’emballage savamment découpés et trempés dans la graisse.

Mais comment expliquer ce délicieux bruit de friture qui attirait les passants et les incitait à acheter cette affreuse marchandise? Rien de plus simple. La plupart de ces commerçants, peu scrupuleux, s’étaient contentés de s’abonner tout simplement au téléphone et dissimulaient l’appareil sous leurs bassines, d’où ce bruit de friture si désagréable pour les abonnés, mais si tentant pour les passants que tenaille un appétit féroce.

C’était un nouveau mode d’escroquerie au téléphone que nos policiers n’avaient point prévu.

« Inventions nouvelles et dernières nouveautés. » Gaston de Pawlowski, E. Fasquelle, Paris, 1916.