front

Chat de tranchées 

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tranchees-ecpadUn  hôte illustre vient d’arriver au refuge de chats, de Colombes, un dédaigneux angora dont l’Histoire eût mérité d’être illustrée par Caran d’AcheCe chat, ramené à Paris par un soldat, compte deux années de front. 

Un bataillon l’avait découvert dans les ruines d’un village, et adopté. Notre matou apprit à manger du « singe », mais préféra toujours le rat. Il passait sa journée tapi dans la tranchée. Il se garait avec beaucoup de prudence des projectiles. Par exemple, quand les ombres du soir tombaient, plus moyen de le retenir ! Fanfan, le chat du régiment, parfait en  maraude ! 

Et là-bas, dans la tranchée en face, les Allemands le guettaient et rêvaient de civet
délicat ! Comment faire pour préserver Fanfan de la dent des ennemis ? 

Nos soldats eurent une idée. Ils entourèrent le cou-de Fanfan… d’un collier de cigarettes. Désormais, Fanfan devint tabou. Il allait et venait des tranchées françaises aux tranchées allemandes, comme s’il eût été muni d’un passeport pour Stockholm. 

Seulement, à son retour parmi les nôtres, Fanfan n’avait plus de collier. Une ficelle  entourait son cou, et un- papier, fixé à cette ficelle, implorait : 

— Chat rapporter cigarettes ?

« Excelsior. » Paris, 1917.
Photo d’illustration :  ECPAD

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Le clown Footit chez les aviateurs 

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George Footit, près de
sa loge, photographié par trois aviateurs

De tous les artistes qui se rendent sur le front pour les distraire, nos soldats préfèrent ceux qui les font rire. Personne peut- être ne sait les faire rire comme Footit, parce que sa fantaisie de clown, de personnage inhumain, s’étend sans limites, et personne ne les émeut peut-être davantage parce qu’il évoque leur enfance.

Tous ne sont pas des Parisiens, tous n’ont pas connu Footit, mais bien rares sont ceux qui n’ont pas admiré autrefois, dans le plus petit bourg de France, le pitre magnifique d’un cirque ambulant dont leur imagination d’enfant rendait la parade féerique. 

footitFootit obtient au front un succès considérable, et ce succès lui est cher, car il a deux fils soldats. Ces jours derniers, il alla rendre visite aux aviateurs. Les aviateurs, qui sont un peu des acrobates, le reçurent à bras ouverts et Footit se sentit comme en famille. Il s’amusa autant en voyant rire les spectateurs que les spectateurs se divertirent de ses pitreries. 

« Excelsior. » Paris, 1917.