galanterie

Affabilité

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Crafty

On n’est plus aimable de nos jours, la vieille politesse française et l’affabilité qui l’accompagnait sont en passe de devenir des souvenirs, relégables dans quelque musée des bonnes manières… si cette institution est créée un jour.

— Madame, veuillez accepter ma place…

Les cloisons des véhicules des T. C. R. P. n’entendent plus que rarement cette offre galante, et lorsqu’un des derniers usagers de cette chevalerie métropolitaine se lève, en enlevant son couvre-chef, il se fait quelquefois rabrouer.

— Non, monsieur, je suis bien debout…

Et ces paroles sont prononcées avec un ton bourru, quasi polaire, qui gèle l’imprudent « bien élevé ». Il veut se rasseoir, sa place est prise par un voyageur sans gène, qui s’est installé pendant ce temps, comme s’il devait passer la nuit sur la banquette.

— Mademoiselle, vous me marchez sur les pieds…
— Monsieur, vous n’avez qu’à les mettre ailleurs…

Dans les affaires, on prenait jadis des formes, on s’écrivait avec des périphrases polies. Finies aujourd’hui ces formules périmées. Le papier  timbré, azuré comme un ciel sans nuages, a remplacé ces poulets, où le bon ton s’alliait la délicatesse commerciale. Sommation, je vous somme, nous nous sommons, vous vous sommez, c’est assommant… La hâte, la vitesse, la vie trépidante, le tourbillon, sont cause de cette industrialisation de la politesse.

II serait tout de même bon de mettre un frein à cette fureur, et de nous souvenir qu’avant d’être des machines, nous sommes des hommes, animaux intelligents et conscients.

Guy Launay. « Le Matin. » Paris, 1923.
Desin de Crafty.

Galanterie

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couple-enfantsLorsqu’il y a quelques jours, le gouvernement américain déclara le moratoire, il fut spécifié que la Caisse d’Epargne continuerait ses paiements.

Les épargnants se précipitèrent aux guichets de la Caisse et une longue file se trouva formée devant chacun d’eux. Au bout de la file, une femme qui portait un bébé attendait. On la laissa courtoisement passer et après avoir touché son argent elle se retira. Une autre femme avec un bébé se présenta alors et arriva très vite au guichet.

Mais quelqu’un avait reconnu le bébé qui, si on n’était pas intervenu, aurait servi une troisième fois à attendrir les trop galants Américains.

« Marianne : grand hebdomadaire littéraire. »  Paris, 1933.

Galanterie au XVe siècle

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anne-de-bretagneOn avait de singulières attentions pour les dames en 1491. Nous trouvons en effet dans le Livre du Chevalier de Sainte-Foix (t. I, p. 98) la précision suivante : 

« A l’entrée de la reine Anne de Bretagne à Paris, on poussa l’attention jusqu’à placer de distance en distance de petites troupes de dix à douze personnes avec des vases de jour pour les personnes, dames ou demoiselles du cortège qui se trouveraient pressées de quelque besoin. »

Voilà de la prévenance dont l’édilité parisienne ferait bien de faire son profit.

« Gazette française. »  Paris, 1892. 

La galanterie de M. Berteaux

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avenue-Ledru-Rollin-paris-1910

Lors de la Grande Semaine d’Epée, une des séances allait se terminer quand tomba, sur Paris, une de ces trombes que saint Médard nous envoie pour faire la nique à saint Barnabé.

En un instant toutes les toilettes, mousselines, dentelles, etc., se trouvaient dans un déplorable état. Comme au Grand Prix, les petites allées étaient même changées en lacs : comment arriver aux tentes ? Le ministre de la Guerre ordonna alors aux soldats de planton d’apporter une centaine de chaises, que l’on plaça sur deux files. Toutes les dames traversèrent les petits lacs, sur ce pont improvisé, au milieu des cris d’admiration de l’assistance : car elles avaient bien été forcées de relever leurs jupes et de montrer leurs jolis petits pieds, leurs adorables chevilles, leurs mollets bien remplis !…

Ces messieurs en avaient oublié la pluie.

Image d’illustration : inondations, 30/1/1910, avenue Ledru-Rollin, Paris. Agence Rol.

Contre-attaque

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mode-1930

Sait-on qu’il vient de se fonder une société contre la robe longue ? Une société d’hommes, bien entendu.

Les adhérents ont juré entre autres choses :

1° De ne pas regarder dans la rue les dames qui auront une robe jusqu’à la cheville.
2° De ne faire danser dans les bals que les personnes qui découvriront leurs genoux.
3° De n’adresser la parole à la terrasse des cafés et dans les salons qu’aux beautés (?) qui, assises, ne dissimuleront pas leurs chaussures. 

Cette société est une société de célibataires.

Voici ces dames prévenues. A elles de choisir entre le couturier ou la galanterie.

« Le Quotidien de Montmartre : journal hebdomadaire. »  Paris, 1930.