gardien

Le boa assoupi

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Le pavillon des serpents du Jardin zoologique de New York a été, récemment, le théâtre d’une scène terrible. Un gardien était entré dans la grande cage pour porter à manger au boa constrictor, qui paraissait assoupi.

Tout d’un coup, l’homme sentit que le serpent s’enroulait autour de ses jambes, et cherchait à l’attirer vers le fond de la cage.

Le malheureux gardien se cramponna désespérément aux barreaux de la grille et se mit à appeler au secours. A ses cris, des gens accoururent, et bientôt on vit quinze hommes en lutte avec le serpent pour lui arracher sa proie.

Il se passa quelques minutes d’angoisse. On croyait le pauvre homme irrémédiablement perdu, mais enfin, grâce aux efforts réunis des sauveteurs, le reptile dut lâcher prise.

Le gardien a été retiré de la cage dans un état lamentable.

« Le Petit Journal illustré. » Paris, 12 Avril 1908.
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Discipline militaire

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Le public ne connaît qu’imparfaitement les règles de la discipline militaire auxquelles sont soumises les troupes casernées à la Tour de Londres. Une cérémonie plaisante est celle qui a lieu tous les soirs pour la fermeture des portes.

Le gardien, les clefs en main , se met en marche accompagné de douze hommes commandés par un sergent et un caporal. Chaque sentinelle, comme il est d’usage, crie :     

— Qui vive ?
Le gardien répond :
les clefs !
Quelles clefs ?
Les clefs de la reine Victoria.
Clefs de la reine Victoria, passez ! dit la sentinelle.

L’escorte continue sa route.

A Spurgate, le sergent et son escorte s’alignent et saluent les chefs en présentant les armes. Le gardien se découvre respectueusement et s’écrie :

Dieu bénisse les clefs de la reine Victoria  !
Amen! répond la garde.

La cérémonie se termine là.

Il y a quelque temps un grenadier écossais schismatique fut jeté au cachot, et y resta trois jours, parce qu’il avait refusé de prendre part à la prière. Le soldat disait pour se justifier qu’il voulait bien bénir la reine de tout son cœur , mais que sa conscience ne lui permettait pas de bénir les clefs de la Tour.

« Le Crime : almanach des cours d’assises pour l’année 1846. » Hinzelin et Cie, Nancy, 1846.

Le gardien du sérail

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Julius-Nisle

Il y a une station thermale en France, et non des moindres, sans aucun doute la plus importante qui, la saison venue, se peuple de visiteurs, malades ou non, venus là pour y faire une cure d’eau ou de plaisir.

De Paris, de Marseille et de Lyon, ces dames plus ou moins « enregistrées » accourent en très grand nombre, et donnent à ce séjour bienfaiteur un caractère plus attrayant encore.

Il y a donc un service de mœurs important, et à la tête de ce service, l’Administration a placé un grand blessé, mais celui-ci l’est d’une manière toute spéciale. C’est un gaillard solide et « costaud » que le guerre a porté, bien malgré lui, au-dessus des contingences humaines qu’il a pour mission de régenter.

Mais gageons que c’est par pure coïncidence, car l’Administration n’aurait jamais songé à utiliser, à dessein, pareille « inaptitude » !

« Comoedia. »  Paris, 1928.

Les budgétivores

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Hillsborough

Il n’y a pas bien longtemps qu’on a supprimé le poste de médecin de l’Arc-de-Triomphe et celui de frotteur du palais de Saint-Cloud. Nous avons même encore, dit-on, un concierge de la Cour des Comptes, en ruines depuis plus de vingt ans.

Mais il paraît qu’en fait de sinécures de ce genre nous sommes dépassés par l’Angleterre. Tout dernièrement encore le marquis de Downshire touchait 6,000 francs de traitement comme gardien du fort de Hillsborough, démoli depuis plus d’un siècle, et le duc de Saint-Albans était grand maître des faucons de la cour, emploi qui lui valait 25,000 francs par an, quoique depuis deux cents ans on n’ait pas chassé au faucon dans la forêt de Windsor.

Ce n’est pas tout, et de ces emplois si peu occupants il subsiste encore plusieurs, dont celui de ratier de la reine n’est pas le moins curieux.

« Journal littéraire, artistique et bibliographique. »  Paris, 1891. 

Le gardien se fait la belle

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Le Conseil de guerre d’Orléans vient de condamner à deux ans de prison le soldat Raynaud, et les débats de l’audience furent dignes de ces tribunaux comiques, dont parla Jules Moineaux, père de notre Courteline.

Or donc, le soldat Raynaud était occupé à la garde d’une vingtaine de prisonniers boches, lesquels moissonnaient chez M. Courtier, agriculteur. Certain jour d’août, où Phœbus dardait trop ardemment, Raynaud s’en fut boire au prochain village, laissant là ses vingt prisonniers. Ceux-ci, d’un mouvement rythmique et discipliné, continuèrent à faucher. Cependant, ne voyant point revenir leur gardien, à l’heure du souper, ils prirent la sage résolution de rentrer à la ferme. Raynaud, ayant bu avec abondance dormit abondamment dans les blés et ne rentra que le lendemain. Mais il se dit que puisque ses prisonniers travaillaient tout seuls et rentraient d’eux-mêmes, il pouvait s’octroyer une petite permission de 48 heures.

C’est cette permission qui l’amena devant le Conseil de guerre. Ses prisonniers déposèrent à son avantage. L’un d’eux raconta qu’ayant cherché leur gardien partout, ils avaient compris qu’il s’était échappé. Et le fermier déclara qu’il n’avait jamais eu un aussi bon gardien que Raynaud.

Le Tribunal rit aux larmes… mais punit.

« Le Carnet de la semaine. »  Paris, 1917.
Illustration : Prisonniers allemands, surveillés par des poilus. Photographie de presse. Agence Rol. 1917 (avec mon profond respect).

Une lionne opérée en public

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Une lionne du parc zoologique de New York a subi, devant la foule des visiteurs, une opération curieuse. Elle avait mangé trop gloutonnement une tête de boeuf, et un os lui était resté en travers de la gorge. Elle allait étouffer, lorsque le chef des gardiens intervint.

Dardant son regard sur l’animal, il lui dit doucement :

Rose, viens ici !

La bête s’approcha et ouvrit la gueule. Le gardien en chef prit un crochet de fer, le passa dans le gosier de la lionne, réussit à saisir l’os et à le retirer. Mais aussitôt qu’il eut expulsé le « corps étranger » qui menaçait d’étouffer la bête, il fit un bond en arrière. Car les mouvements des mâchoires de Rose étant redevenus libres, elle aurait pu arracher le bras de son fidèle gardien.

« Le Petit journal. Supplément du dimanche. »  26 janvier 1908.