Gaulois

Tradition

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« ….Ne sont pas compris dans ces interdictions le vin, la bière, le cidre, le poiré,  l’hydromel... » 

Ainsi s’exprime la dernière circulaire du ministre de l’Intérieur sur la vente au détail des spiritueux. 

Dites, est-ce que, vraiment, il y a encore en France des marchands d’hydromel ? 

Nous avons tous appris au collège que les Gaulois buvaient de l’hydromel. Mais, depuis Vercingétorix, nous pensions avoir fait quelques progrès. Il semble bien que nous ayons renoncé à l’hydromel en même temps que nous renoncions a laisser flotter nos cheveux sur nos épaules, à porter des sayons de poils de chèvre, et à combattre avec la framée

Mais, depuis le début de la guerre, chaque fois qu’un ministre ou un préfet a eu  l’occasion d’écrire quelques lignes sur les boissons. il n’a pas manqué de citer avec  honneur l’hydromel. D’où il faut conclure que l’hydromel est resté  une boisson moderne. Evidemment il ne vient à l’esprit de personne, même les jours de plus forte chaleur, de se rafraîchir avec un verre d’hydromel. Et celui qui commanderait : « Garçon, un hydromel ! » se verrait sans doute regardé comme un mauvais plaisant. Mais il faut bien qu’il y ait quelque part de l’hydromel et des gens qui en boivent. Où ? Voilà seulement ce qu’on ignore. 

Il est vrai que, voilà quelques années, le préfet de Seine-et-Oise, énumérant les animaux que les chasseurs devaient respecter, ne négligea point de signaler le balbuzard  fluviatile, qui a disparu depuis plus de cent ans.  

L’hydromel peut donc être inscrit sur quelque nomenclature qui fut traduite du latin sous Philippe-Auguste et que les fonctionnaires se repassent chaque année, le 1er janvier, sans la lire jamais. 

« Excelsior. » Paris, 1917.

Les Gaulois n’étaient pas d’horribles barbares

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Photo d'un guerrier gaulois du Ier siècle av. J.-C.

Ils ne se lavent pas, mangent du sanglier cru, ne connaissent pas l’écriture et, en plus, pratiquent le sacrifice humain : FAUX

Les Gaulois seraient un agrégat de guerriers frustres, pillards et bagarreurs avant que Jules César ne les transforme en un peuple gallo-romain civilisé. S’ils sont effectivement divisés en communautés qui entretiennent des rapports conflictuels, ils obéissent avant tout à des institutions et à des mœurs semblables.

C’est une véritable civilisation gauloise que les récentes découvertes archéologiques ont mise en évidence. La société est formée de tribus, unité de base réunissant plusieurs familles. Elles sont dirigées par un roi entouré d’une aristocratie guerrière qui commande une plèbe composée d’artisans, de paysans et d’esclaves. Très tôt des échanges commerciaux sont entretenus à travers le Bassin méditerranéen, avec les Grecs notamment.

gaulois au champs

Les Gaulois pratiquent la salaison des aliments pour les conserver, en particulier de la viande de porc. Il développent l’agriculture en mettant au point l’ancêtre de la moissonneuse, sorte de grande caisse à roues dentelées tractée par un bœuf, alors que les Romains se servent encore de faucilles. Ils inventent le tonneau plus commode que l’amphore pour le transport et la conservation du vin.

L’artisanat est le domaine dans lequel ils excellent. Leurs poteries sont réputées mais c’est en orfèvrerie et dans la production d’outils en fer qu’ils sont passés maîtres, en témoignent les fibules et autres broches dont la réalisation fait preuve d’un réel soucis esthétique. Cela démontre une bonne connaissance des minerais et de la difficile technique de leur extraction.

gaulois

Les Gaulois accordent en outre une grande importance à leur apparence et à la propreté. Ils adoptent les braies, ancêtres du pantalon, et inventent le savon à base de cendres et de suif utilisé, il est vrai, essentiellement pour laver leur longue chevelure. Les druides, qui jouent un rôle de premier plan dans la société gauloise, pratiquent la médecine et la découverte dans leurs tombent de scalpels et de lancettes laisse supposer qu’ils avaient des notions de chirurgie. Ils s’intéressent au calcul, à la géométrie et à l’astrologie pour déterminer les lieux de cultes mais également pour élaborer des calendriers.

Au moment de la conquête de César en 52 av. J.-C., un début d’urbanisation existe avec les oppida, ensemble d’habitations fortifiées où la voirie est présente.

ouvrage scolaire d’Ernest Lavisse
Page d’un ouvrage scolaire d’Ernest Lavisse : La première année d’histoire de France, cours moyen (de 9 à 11 ans), Armand Colin éditeur, 1909. © Kharbine Tababor

Leur mauvaise réputation leur vient des textes anciens. Les Grecs avaient le souvenir du sac de Delphes en 279 av. J.-C. et les Romains celui de la prise de Rome par les Celtes en 390 av. J.-C. Si les premiers reconnaissaient leurs qualités guerrières et les utilisaient comme mercenaires, les seconds, humiliés, en donnèrent une image de fanfarons, désordonnés au combat et pillards. En fait, ils considéraient tout ce qui n’étaient pas grec ou romain comme barbare.

Et César, devant tirer le plus de prestige possible de sa conquête, fit le reste pour laisser dans l’imaginaire collectif des traits qui se prêtent plus à la bande dessinée qu’à la réalité historique.

Olivier Tosseri

« 50 idées reçues sur l’histoire » – HISTORIA

Dans Le Tour de France de deux enfants par G. Bruno, paru en 1877, on trouve cette évocation des Gaulois :

«La France, notre patrie, était, il y a bien longtemps de cela, presque entièrement couverte de grandes forêts. Il y avait peu de villes, et la moindre ferme de notre village, enfants, eût semblé un palais. La France s’appelait alors la Gaule, et les hommes à demi sauvages qui l’habitaient étaient les Gaulois.

Nos ancêtres les Gaulois étaient grands et robustes, avec une peau blanche comme du lait, des yeux bleus et de longs cheveux blonds ou roux qu’ils laissaient flotter sur les épaules.

Ils estimaient avant toute chose le courage et la liberté. Ils se riaient de la mort, ils se paraient pour le combat comme pour une fête.

Leurs femmes, les Gauloises, nos mères dans le passé, ne leur cédaient en rien pour le courage. Elles suivaient leurs époux à la guerre ; des chariots traînaient les enfants et les bagages ; d’énormes chiens féroces escortaient les chars…»

Cette présentation précède l’« histoire » de la conquête de la Gaule par César qui met surtout en relief la résistance de Vercingétorix ; elle résume ce qui demeure trop souvent encore l’idée que l’on se fait des Gaulois avant la conquête romaine.

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