George Gordon Byron

La vieille prophétie du pont de Balgownie

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George Gordon Byron (Lord Byron) aimait les coutumes des lieux où il était né et se plaisait à raconter les légendes et les superstitions dont on l’avait entretenu. Il y ajoutait la foi la plus vive. Il était bon camarade et très dévoué. Il poussait même cette qualité fort loin. Un de ses compagnons, qui avait un petit cheval des îles Shetland, vint un jour lui proposer de faire une promenade sur les bords du Don (Petite rivière qui a son embouchure près d’Aberdeen).

Ils montaient et marchaient tour à tour ; mais quand ils atteignirent un vieux pont jeté sur la rivière, Byron arrêta l’écolier et le supplia de mettre pied à terre et de le laisser passer seul avec le cheval, parce qu’il existait une vieille prophétie populaire qui disait que le  pont de Balgownie tomberait si le fils unique d’une veuve et le seul poulain d’une jument y passaient à la fois.

« Et qui sait, dit-il, si ce poulain n’est pas le seul enfant d’une jument, et nous sommes tous deux fils de veuves; mais toi, tu as une soeur; et moi, personne que ma mère ne me pleurera. »

Son camarade céda; mais aussitôt que Byron eut échappé aux dangers de ce terrible passage, l’autre enfant voulut absolument le tenter aussi. Il arriva sans accident sur l’autre bord, et tous deux en conclurent très sérieusement que la mère du petit cheval avait eu d’autres poulains.

« Lord Byron. Tome 1 . » Louise Swanton Belloc, Paris,  1824.

Lord Byron et la jeune personne

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Lord Byron n’était ni avare, ni prodigue, comme on s’est plu à le dire : il veillait à ses intérêts, ne souffrait point qu’on le trompât, et se faisait rendre un compte exact de ses revenus, parce qu’il trouvait absurde et immoral de laisser un champ libre aux fripons. Mais, dès qu’il s’offrait une occasion de dépenser noblement, il sacrifiait des sommes considérables, dans un but utile.

Il mettait aussi une grâce extrême dans sa manière d’obliger. On sait qu’une jeune personne de beaucoup de talent se trouvant dans une situation très malheureuse, se présenta chez lui à Londres, pour le prier de souscrire à un volume de poésies qu’elle allait publier. Lord Byron n’était pas marié alors; et, comme s’il eût deviné ce que cette démarche pouvait avoir de pénible et d’embarrassant pour celle qui la faisait, il mit tous ses soins à lui rendre du calme. Il lui parla de choses indifférentes, mais avec tant d’abandon et d’amabilité, qu’elle oublia le motif de sa visite.

Tout en causant avec elle, lord Byron écrivit quelques mots sur un morceau de papier, et le lui mit dans la main, en disant que c’était sa souscription à l’ouvrage. Il ajouta :

« Nous sommes tous deux jeunes, le monde est un impitoyable censeur; et, si mon nom était en tête de la liste des souscripteurs, je craindrais que cela ne vous fit plus de tort que de bien. »

La jeune personne prit congé de lui, et dans la rue elle ouvrit le papier qu’il lui avait remis : c’était une traite de cinquante guinées sur son banquier.

« Lord Byron. Tome 1. »  Louise Swanton  Belloc. Paris, 1824.