Gien

Musique égalitaire

Publié le Mis à jour le

2119616067

Le maire de Gien ne veut pas que l’égalité inscrite sur nos monuments publics soit un vain mot ; il la veut partout, et spécialement dans la musique, dût cette égalité nuire un peu à la liberté et à la fraternité dont elle devrait être pourtant l’inséparable compagne. Ce maire étonnant a donc rédigé l’arrêté suivant :

Nous, maire de Gien,

Vu la loi de, etc., etc. :

Attendu que la liberté, l’égalité, la fraternité, sont les vertus primordiales de toute République ;

Attendu que le temps est venu de faire passer ces belles maximes de la théorie dans la pratique et de la politique dans la musique (sic);

Arrêtons ce qui suit :

ARTICLE PREMIER. Au nom de la liberté, il est interdit à toute musique qui voudra jouer dans les rues ou sur les places de notre ville de Gien de compter un « plus grand nombre de musiciens que notre fanfare municipale ».

ART. 2. Au nom de l’égalité, il est interdit aux mêmes musiques de jouer des morceaux plus difficiles que ceux pouvant être joués par notre fanfare municipale.

ART. 3. Au nom de la fraternité, toutes les musiques devront éviter, dans les concours, de se faire décerner des prix, couronnes, palmes ou médailles, d’un « ordre supérieur à ceux décernés à notre fanfare municipale ».

ART. 4. M. le commissaire de police est chargé de l’exécution du présent arrêté.

Tout commentaire gâterait le charme de ce petit morceau.

« Gazette anecdotique. »  Paris, 1890.

Publicités