grâce

Une bonne occasion de se taire

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alexandre-Ier

Au début du règne de Nicolas Ier, plusieurs conspirateurs, parmi lesquels le poète Relieff, furent condamnés à être pendus. Le poète fut amené le premier au gibet.

Au moment où, après lui avoir passé le noeud coulant, le bourreau monta sur ses épaules pour le lancer dans l’espace, la corde, trop faible, cassa, et Relieff roula sur l’échafaud ensanglanté et meurtri.

On ne sait rien faire en Russie, dit-il en se relevant sans pâlir, pas même tisser une corde.  

Comme les accidents de ce genre avaient pour conséquence ordinaire la grâce du condamné, on envoya quelqu’un au Palais d’Hiver pour connaître la volonté du tsar.

 Qu’a-t-il dit ? demanda Nicolas.
— Sire, il a dit qu’on ne savait pas même tisser une corde en Russie.
— Eh bien, reprit Nicolas, qu’on lui prouve le contraire. 

Victor Fournel. « Dictionnaire encyclopédique. » Paris, 1872.

Charles X et la routine

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Le roi de France est un homme remarquable, pour son âge. Sa Majesté se lève tous les jours à 7 heures, en hiver comme en été; elle entend la messe à 7 heures et demie, et déjeûne à 8 heures précises : ce repas consiste en viandes, végétaux, et en une bouteille de vin…

A neuf heures, le roi vaque aux affaires; à 10, il donne audience aux ministres et aux gens de cour. Tous ses jours sont invariablement consacrés aux affaires de l’État; il sait tout ce qui se passe aussi bien que ses ministres; il lit les journaux de toutes les couleurs, de toutes les opinions, et même les journaux anglais, et le Standard n’est pas oublié. Il dîne à cinq heures et demie ou six heures, se lève immédiatement après le dîner, fait tous les soirs sa partie de whist, et se retire à dix heures et demie.

Il est rarement indisposé; sa vie régulière et sa sobriété soutiennent sa santé. Il monte à cheval comme un homme de 30 ans, et avec beaucoup de grâce et d’aisance. Il est infatigable à la chasse et joue le whist dans la perfection; c’est presque le seul jeu auquel il s’adonne. Il est très beau joueur, mais il ne met jamais plus d’un louis à la partie. Beaucoup de personnes le croient catholique fanatique, mais on se trompe : le roi serre la main à un protestant avec cordialité. Ses soirées ne sont pas brillantes. Sa Majesté ne parle pas beaucoup; mais quand elle parle, elle a toujours quelque chose d’agréable à dire.

 » Le Pirate : revue hebdomadaire de la littérature et des journaux. » Paris, 1830.
Illustration : Baron François Gérard.

Le goût de l’étude

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moyen-age

En Angleterre, jadis, pour inspirer à la nation le goût de l’étude, on accordait la grâce de la vie au criminel qui savait lire et écrire.

Aussi, dit Saint-Foix dans ses Essais historiques n’était-il pas rare d’entendre les mères dire à leurs enfants : 

« Peut-être vous trouverez-vous un jour dans le cas d’être pendus (car alors on pouvait l’être pour le moindre larcin) c’est pourquoi il est bon que vous appreniez à lire et à écrire. »

« Curiosités historiques et littéraires. »  Eugène Muller, 1897. 

Danger de la miséricorde

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louisXVLouis XV signait une condamnation à mort… Après avoir déployé son auguste paraphe :

Choiseul, dit-il au célèbre ministre qui lui tenait l’écritoire, cet homme a tué vingt personnes. Je lui avais pourtant fait grâce la première fois.

Sire, répondit Choiseul, c’est donc que ce misérable n’a tué qu’un seul homme. Votre Majesté a tué les dix neuf-autres.

Le Bon Samaritain

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abbéL’abbé Grécourt s’habillait dans la sacristie de la cathédrale de Tours, dont il était chanoine; une bonne femme vint lui apporter de l’argent pour faire dire une messe.

A quelle intention faut-il la dire ? demanda Grécourt.

C’est pour demander à Dieu la grâce d’avoir un enfant

Allez, ma bonne, dit Grécourt en lui rendant son argent, je ne demande jamais à Dieu ce que je puis faire par moi-même.