Greenwich

Pour attirer la clientèle

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thomas-cook

Ceux qui, à l’époque des vacances, s’entassent péniblement dans des compartiments bondés auraient du mal à croire qu’il y eut un temps où les Compagnies de chemins de fer se voyaient obligées d’offrir des distractions aux voyageurs pour s’attirer leur clientèle. 

Pourtant, tel fut le cas en Angleterre quand la première voie ferrée partant de Londres même : celle de Greenwich, fut mise en service. Les Anglais, traditionalistes comme chacun sait et grands amateurs de chevaux, étaient dans leur ensemble défavorables au nouveau genre de locomotion qui menaçait de faire disparaître les anciennes diligences. Aussi la Compagnie, pour remplir ses wagons, dut-elle installer à diverses stations du parcours des orchestres dont les musiciens, habillés d’un uniforme semblable à celui des gardes de la Tour de Londres, jouaient des airs entraînants. 

Le public se laissa prendre au piège et bientôt on dut refuser du monde. Inutile de dire que, sitôt le but atteint, les musiciens disparurent. Mais l’habitude était prise de voyager en chemin de fer.

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Heure d’été

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haldy

 Les débats sur l’heure d’été ont permis à quelques-uns de ses partisans d’apporter à la tribune des arguments empruntés à une science acquise de fraîche date. Nous avons entendu parler du temps sidéral, du temps vrai, du jour civil, de l’heure légale, etc.

Que voulait-on démontrer aux adversaires de l’heure d’été ? Que l’heure d’hiver n’était pas non plus l’heure vraie, et que si toutes les montres de France et de Navarre marquaient midi en même temps, il ne s’ensuivait pas qu’il était midi vrai dans tous les endroits où les montres étaient consultées au même moment. Nous le savions de reste, et aurions pu répondre à ces savants en herbe que lorsqu’il est midi vrai à la coupole de l’Observatoire, il est midi moins deux secondes au dôme du Panthéon.

L’heure de Paris elle-même n’était pas vraie pour toute la capitale, et l’heure légale retardait ou avançait naguère sur l’heure vraie selon qu’un observateur était placé à l’ouest ou à l’est de l’Observatoire. Nous parlons naturellement du temps où l’heure légale était en France celle du méridien de Paris.

Peut-être beaucoup ne se doutent-ils pas que depuis l’adoption de l’heure anglaise, c’est-à-dire de l’heure du méridien de Greenwich, nous nous rapprochons en Charente beaucoup plus de l’heure vraie, de l’heure solaire que du temps où l’heure légale était celle de Paris. Ceci tient à ce que le méridien de Greenwich passe en Charente même. A titre de curiosités locales nous allons voir ce qui en résulte, si nous considérons l’heure légale par rapport à l’heure solaire.

C’est le 9 mars 1911 qu’à été mise en vigueur la loi instituant en France l’heure du méridien de Greenwich. Cette loi est ainsi conçue : L’heure légale, en France et en Algérie, est l’heure temps moyen de Paris, retardée de neuf minutes vingt et une secondes, et le temps — légal — suspendit son vol durant cet espace. Alors que le méridien de Paris déterminait l’heure pour toute la France, comment les heures charentaises se comportaient-elles à l’égard de l’heure vraie ?

La Charente est tout entière à l’ouest du méridien de Paris, ce qui avait pour résultat de faire avancer toutes les montres sur l’heure vraie .  Ainsi, quand celles-ci marquaient midi, heure légale, en réalité il était — heure vraie — midi moins 8 minutes 44 secondes à Angoulême, moins 9 minutes 57 secondes à Barbezieux, moins 10 minutes 39 secondes à Cognac, moins 6 minutes 38 secondes à Confolens et moins 8 minutes 33 secondes,à Ruffec. L’écart le plus faible s’observait à Confolens, l’écart le plus important à Cognac.

Du jour où l’heure anglaise fut adoptée, nous nous rapprochâmes beaucoup de l’heure vraie, et il en est de même pour tous les départements que traverse le méridien de Greenwich. Ainsi, tandis qu’à Paris l’heure légale est en retard de 9 minutes 21 secondes sur l’heure vraie, à Angoulême elle n’est en retard que de 37 secondes, à Confolens de 2 minutes 43 secondes, à Ruffec de 48 secondes. 

Comment se fait-il, dira-t-on, que dans le même département l’heure légale soit en avance sur l’heure solaire dans certaines localités et en retard dans d’autres ? Cela tient simplement à ce que les premières sont à l’ouest du méridien de Greenwich, tandis que les secondes sont à l’est.

Heureux les habitants d’Hiersac ! Ils ont l’heure vraie en même temps que l’heure légale, précisément parce qu’ils sont exactement sur le méridien de Greenwich. Quand il est midi à leur montre, il est également midi au soleil. Il n’y a qu’au temps de l’heure d’été qu’ils ne sont plus à l’heure.

Si nous sortons de ces amusements pour revenir aux choses sérieuses, voilà ce que nous répondrons aux défenseurs de l’heure d’été, lorsqu’ils reprochent aux partisans de l’heure unique de ne pas observer plus qu’eux l’heure vraie : 

Que l’heure unique ne soit pas l’heure solaire, vous ne nous l’apprenez pas, mais entre nos deux systèmes il y a cette différence, c’est que le nôtre cherche à maintenir l’heure qui s’éloigne le moins de l’heure solaire, tandis que le vôtre cherche à établir celle qui s’en éloigne le plus.

Paul Mairat. « La Charente. » 14 mars 1922.

La fin du monde : détails complets

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José-Guadalupe-Posada

Il s’est tenu cette semaine, à Londres, une conférence de prophètes, qui, après un long débat, est arrivée à la conclusion que la fin du monde arrivera sans faute le 5 mars 1896, à une heure moins vingt (heure de Greenwich).

Ces mêmes gentlemen se sont également préoccupés de déterminer qui est la célèbre Bête de l’Apocalypse. laquelle doit jouer un rôle important dans les péripéties et la catastrophe finale de notre pauvre planète. M. Baxter a établi, à la satisfaction générale de ses auditeurs, que le chiffre 666, par lequel est désignée cette Bête apocalyptique, peut correspondre soit à Napoléon, écrit en grec avec la valeur des lettres dans l’alphabet hellénique et sous la forme légèrement altérée :

Napoleonti. En effet, N vaut 50, a vaut 1, p=80, o=70, l=30, e=5, o=70, n=50, t=300, i=10. L’addition de ces sommes est, comme en peut s’en convaincre par une facile opération, égale à 666.

Mais ce n’est pas tout : M. Baxter, qui paraît professer une certaine impartialité dans ses interprétations mystiques, a également découvert que le chiffre 666 peut se lire (toujours en grec et avec les valeurs des lettres de l’alphabet hellénique) :

E. Boulanger. En effet, E=5,B=2, o=70, u=400, l=30, a= 1, n=50, g=3, e=5, r=100, ce qui fait également 666.

« Le Rappel. » Paris, 1889
Illustration : José Guadalupe Posada.