Guerre russo-japonaise

Le record de la mortalité guerrière 

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Jusqu’à présent, ce sont les Américains qui prétendaient détenir le record de la mortalité guerrière, parce que, à la bataille de Santiago, ils étaient arrivés à tuer un homme par 2.250 balles tirées. 

La guerre russo-japonaise vient de battre le record, puisque d’après la statistique, on  pourrait compter en Extrême-Orient un mort sur 190 balles échangées. Durant la guerre de 1870, la moyenne fut de 300 balles pour un mort. Auparavant, à Solférino, il avait fallu 700 balles peur tuer un homme. Et, si les statistiques du commencement du siècle sont exactes, il fallait jusqu’à 3.500 balles, dans des batailles comme Austerlitz et Wagram, pour tuer un homme. 

Evidemment nous sommes en progrès dans l’art de tuer nos semblables. 

« Touche-à-tout. » Paris, 1904.

Balles humanitaires

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Petropavlovsk

C’est le prince Don Jaime de Bourbon, fils de Don Carlos, qui a baptisé ainsi les balles japonaises, dans des lettres fort intéressantes que publie le Correspondant.

Don Jaime se trouve en Mandchourie, depuis le commencement de la guerre, et il y a vu de nombreux blessés qui sont déjà en voie de guérison, après avoir reçu plusieurs balles. « Avec ces balles-là, dit-il, on est tué, ou l’on s’en tire très vite. Les complications sont rares. »

Il rapporte la plus curieuse anecdote à propos de la perte du Petropavlovsk :

Le grand-duc Cyrille avait, pour aide de camp, le lieutenant de marine Cube. Celui-ci portait toujours sur lui une médaille, que lui avait donnée un pope, un jour qu’il visitait l’église où l’on conserve les reliques de Sainte-Barbe. Cette médaille avait touché les reliques, et le pope avait dit au lieutenant Cube : « Ne vous en séparez jamais, elle vous portera bonheur. »

Au jour de Pâques, le lieutenant voulant faire un cadeau à son chef, lui offrit cette médaille. Ses camarades lui firent observer qu’il avait tort de s’en séparer puisque, pendant cinq années qu’il l’avait portée, il ne lui était jamais rien arrivé de fâcheux.

Le lieutenant n’en persista pas moins à l’offrir au grand-duc. Quelques heures après, le lieutenant disparaissait dans la catastrophe de Petropavlovsk, tandis que le grand-duc s’en échappait, comme par miracle.

« Touche-à-tout. Revue hebdomadaire. »  Paris, 1904.