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Prohibition

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Sait-on que les officiers chargés, en Amérique de faire observer la prohibition et de veiller au régime sec, se livrent à de véritables crimes, demeurés du reste impunis, les tribunaux ne voulant pas déconsidérer la prohibition.

C’est, en quelque sorte, le régime de la terreur. Les officiers de police s’en  donnent d’assouvir leurs vengeances personnelles ou de faire des cartons sur ceux qu’ils soupçonnent, de ne pas observer l’Act Volsteadt.

Enfin, la rumeur publique se serait émue. Quatre agents, accusés d’avoir tué un fermier qui fabriquait de la bière, vont être jugés à Washington. Déjà, prohibitionnistes et antiprohibitionnistes se passionnent et entrent en guerre.

Mais que dire de ce régime sec qui consiste à  faire couler du sang ?

« Comoedia. »Gaston de Pawlowski   Paris, 1927.

Titeuf et la guerre

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Blog Histoire Géo

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Le dessinateur Zep a dévoilé le 8 septembre une planche de bande dessinée intitulée Mi petit, mi grand sur son blog What a Wonderful World. Elle met en scène son héros Titeuf, en proie à la guerre et essayant de quitter son pays.
Cette planche peut servir pour aborder l’actualité avec les plus petit, je crois. Mais elle doit pouvoir aussi être étudiée en histoire des arts, en troisième.

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Les abeilles télégraphistes

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abeilles

On sait que mieux encore que les pigeons, les abeilles ont la faculté de s’orienter et qu’elles reviennent infailliblement à leur nid quelle que soit la distance où elles aient été transportées.

On avait proposé, il y a quelques années, d’utiliser en temps de guerre ces messagères qui ont toute chance de passer invisibles au-dessus des lignes ennemies. La difficulté était de réaliser un télégramme assez léger pour ne pas surcharger ces courriers minuscules.

Cette difficulté est aujourd’hui vaincue, grâce aux progrès incessants de la photographie et de l’optique. Il serait possible paraît-il de coller sur le dos ou sur le ventre de l’abeille une pellicule photographique, grosse comme une tête d’épingle, laquelle agrandie par les procédés ordinaires laisserait apparaître les phrases de la dépêche.

Les abeilles seraient à l’abri du plomb et du bec des faucons que l’on dresse déjà pour donner la chasse aux pigeons militaires. Il est vrai que beaucoup d’autres oiseaux happent les abeilles au vol. A cela les partisans du nouveau système répondent qu’étant donné le  prix de revient  (nourriture et transport) infinitésimal de ces courriers aussi économiques que rapides on pourrait les prodiguer.

Chaque télégramme par exemple pourrait être expédié à huit ou dix exemplaires dont au moins un parviendrait à destination.

« Journal universel. » Paris, 1903.

Courrier du front (suite)

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Mon cher fils,

couple paysansJe mets la main à la plume pour te mander que ta mère et moi avons bien ri de plaisir, en apprenant que nous avions été attrapés par le bruit de ta mort, et que tu n’étais point sous terre, ainsi que chacun le disait, mais bel et bien dessus comme un autre.

Nous avions déjà commandé une messe pour le repos de ton âme; et monsieur notre curé voulait tout de même la dire, prétendant que tu étais bien et dûment décédé… et quand nous lui montrâmes la lettre, pour lui prouver le contraire, Il nous répondit qu’elle ne signifiait rien , et que sans doute tu l’avais écrite avant d’être tué. A cela il n’y avait mot à répliquer: aussi nous lui avons payé la messe, à condition toutefois qu’il ne la dirait pas, crainte des conséquences ; du reste, il n’a jamais voulu ôter ton nom du registre mortuaire, où il t’a inscrit, disant que c’était autant de besogne faite pour la première fois que tu mourras tout de bon.

Puisque vous avez été presque tous tués dans cette bataille, Il faut bénir la sainte Vierge et saint Joseph, de ce que tu n’as pas imité les autres qui en sont morts.

Nous avons appris que ton capitaine avait reçu cinq blessures: mais on nous a bien réjouis en nous assurant qu’il n’y en avait que deux de mortelles, et que le chirurgien avait promis, corps pour corps, de le guérir des trois autres. Ainsi soit-il ! car c’est un brave homme, et ce serait grand dommage d’être obligé de lui dire feu mon capitaine.

Tu nous as déjà causé beaucoup de dépenses, mon enfant, soit par ta mort, qui a duré passé un mois, soit par ta vie, depuis vingt ans. Mais comme il faut pourtant te faire un cadeau pour te féliciter de ce que tu vis encore, tu recevras ci-inclus un louis d’or, que ta mère t’envoie à mon insu: car je suis toujours dans l’idée que ta paye doit te suffire, surtout en temps de guerre, où l’on n’a autre chose à faire qu’il manger et à boire.

Je t’exhorte surtout a apprendre quelque chose de bon au régiment, pour qu’à ton retour dans notre village, on ne dise pas, bête il alla, bête il revint. Du reste, chacun le sait, je suis et serai toujours,

Ton père Ignace.

Les mille et une anecdotes … Passard, Paris, 1854.

Courrier du front. Partie 1.

Courrier du front

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soldatMes chers parents,

La présente est pour vous faire à savoir que je suis encore en vie: ce que toutefois je ne pourrais dire en toute vérité si j’étais mort. Il est vrai que nous avons été presque tous tués dans notre compagnie; mais notre premier sergent, qui a fait la liste de ceux qui sont restés en vie, me l’a montrée, et j’ai été bien aise de m’y trouver par mon nom.

J’espère qu’il en sera ainsi de vous, mon père et ma mère; c’est pourquoi je vous envoie cette liste signée de la main de mon sergent, afin que vous n’en doutiez pas … car vous m’avez toujours dit que j’étais un peu menteur, et que vous ne pouviez me croire sur parole. Je salue tous nos gens, et je prie M. le curé de m’effacer de la liste des morts, où l’on dit qu’il m’a mis à mon insu et sans ma permission, puisque le bon Dieu, qui en sait plus que lui, m’a laissé sur le rôle des vivants; mais, mort ou vif, je vous aimerai toujours, et serai fort impatient de revenir vous voir, pour vous dire en personne: Voici votre fils.

Votre fils Joseph

« Lettre d’un soldat valaisan à ses parents après la bataille. »

Les mille et une anecdotes ….  Passard, Paris, 1854.

Courrier du front. Partie 2.

Une ambulance internationale

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Pendant les guerres d’autrefois, les armées prenaient leurs quartiers d’hiver pour ne recommencer leurs opérations qu’au printemps. Aujourd’hui, le temps n’y fait rien, et la guerre se poursuit en toute saison.

Les masses d’hommes employées sont si considérables, que la promptitude fait loi. A ce point de vue, les guerres modernes ont un côté non moins cruel que celles des temps primitifs, dont notre civilisation se croit si loin. On le sent à l’aspect de cette campagne couverte de neige, où le froid peut, si le blessé n’est pas secouru à temps, achever l’œuvre commencée par le projectile ennemi.

Les malheureux que nous voyons ont échappé à ce dernier danger; ils ont été relevés sur le champ de bataille, pansés, puis placés, sans distinction de patrie, dans un petit convoi qui s’achemine péniblement sous la protection du drapeau blanc à la croix rouge. Ce convoi, que la guerre a sans doute séparé de ses voitures spéciales, se compose de mauvaises charrettes des paysans. La place n’y est pas grande, et le froid s’y fait sentir. Aussi, les moins invalides ont-ils mis pied à terre, comme les ambulanciers, dont le chef ouvre la marche en sondant du regard l’horizon. Car, en pays occupé par des belligérants, les difficultés de terrain ne sont pas les plus grandes. A chaque pas se dresse un obstacle.

 » La Mosaïque  » Paris, 1873.