héroïne

Le Moulin-Rouge en justice

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Nous venons d’avoir, à la 9e chambre, un petit procès fort drôle, à propos d’un chien qu’on avait saisi, en même temps que le mobilier de la célèbre Rayon d’Or, une des héroïnes chorégraphiques du Moulin-Rouge, lequel chien appartenait, paraît-il, à sa bonne.

Et à propos de ce procès très simple, nous avons vu défiler, devant le tribunal, tout le personnel des étoiles de ce lieu célèbre où triomphe la danse fin de siècle. Nous avons appris, en même temps, le vrai nom de ces dames qui portent, sur la scène de leurs ébats, des surnoms d’emprunt tellement inattendus !

Et d’abord La Goulue, de son vrai nom Louise Wébert ; puis Grille d’Égout, qui s’appelle sur son état civil légal Mlle Beuze ; quant à Rayon d’Or, elle se nomme tout simplement Chrétiennot. Mais sa femme de chambre, celle qui réclame son chien, se nomme Élisa Haussepied. Et cependant elle ne danse pas, malgré ce nom prédestiné. Mais elle est jolie fille, jeune encore, et l’aurore de sa gloire chorégraphique peut un jour se lever.

« Gazette littéraire, artistique et bibliographique. » Librairie Marchal et Billard, 1891, Paris.

La belle cantinière du vingt-cinquième

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Louis-Philippe décorant Antoinette Moreau, la cantinière du 25° de ligne
Louis-Philippe décorant Antoinette Moreau, la cantinière du 25° de ligne

Nous rapportons avec plaisir un trait de courage d’une femme française, qui est connue dans toute l’armée sous le nom, de belle cantinière du vingt-cinquième. Cette jeune femme, dont la figure est remarquable, a été vue dans les positions les plus exposées et les plus dangereuses, montrant un tel degré de courage et de sang-froid, que les vieux soldats eux-mêmes en étaient étonnés. 

Son costume consistait en un chapeau noir ciré, un bonnet attaché sous le menton, une veste bleue serrée comme un corsage d’amazone, une jupe rouge, un pantalon rouge et des bottes. Son panier sous le bras et son baril d’eau-de-vie en bandoulière, elle allait distribuant ses réconfortants.

Pas un soldat, un officier ou un amateur, ne passait devant Antoinette Moreau sans lui demander un verre de schnick, ou sans lui adresser un compliment sur son courage, et la bonté de sa marchandise.

Cette courageuse jeune femme s’est distinguée non seulement par les soins qu’elle a pris des blessés dans les tranchées, mais encore elle s’est honorablement montrée dans une autre occasion. Lorsque le sergent des mineurs Fabre était logé dans l’escarpe du fort Saint-Laurent, où il demeura quatre jours, on se rappela qu’il était sans nourriture. La radeau avait été retiré, et.le feu très violent en ce moment rendait le passage on ne peut plus dangereux.

Antoinette Moreau se trouve là par hasard, tandis qu’on discutait cette affaire. Et avant qu’aucun des vieux camarades de Fabre pût se présenter de bonne volonté pour le service, la cantinière partit, poussa le radeau, et après avoir donné au mineur des provisions pour deux jours, elle retourna saine et sauve au milieu d’une grêle de coups de feu, de balles et de projectiles.

Le 23 au matin elle fut présentée au maréchal et aux princes qui la complimentèrent sur sa bravoure, et la remercièrent de son trait de courage au nom de l’armée.

« Le Voleur illustré : cabinet de lecture universel. »  Paris, 1833.