héroïque

Familiarité intempestive

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Voltaire, pour complaire à Madame de Pompadour, avait composé, en l’honneur des victoires de Louis XV, au retour de la guerre des Pays-Bas, un ballet intitulé le Temple de la Gloire.

Ce ballet héroïque où le roi était désigné sous le nom de Trajan fut exécuté par des seigneurs et dames de la cour. Les rangs étaient confondus, et dans ce jour l’on semblait avoir banni toute étiquette. Voltaire se trouvait placé dans la logo royale, derrière Sa Majesté. Sur la fin de la pièce, et dans un moment d’enthousiasme provoqué en lui par son propre ouvrage, l’auteur du ballet saisit dans ses bras celui qui on était le héros, en s’écriant :

« Eh bien ! Trajan, vous reconnaissez-vous là ? » 

A l’instant le spectacle est interrompu, des gardes s’emparent de l’irrévérent et le conduisent en lieu de sûreté. Mais le mouvement était trop flatteur pour que celui qui en avait été l’objet ne fit pas grâce à celui qui avait pu croire que la composition d’un ballet était un brevet de familiarité auprès d’un puissant roi.

« Musée des familles. »  Paris, 1897.

Le dernier pigeon voyageur

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Expédié lors du siège, l’héroïque oiseau parvint à destination malgré gaz et obus. L’exposition d’Aviculture du Grand Palais a permis d’admirer et de récompenser les pigeons militaires du colombier de Verdun.

Combien émouvant le dernier message du commandant Raynal expédié au cours de la bataille, le 4 Juin de l’année 1916 à 11 h, 30, quelques heures avant la fin de l’héroïque défense du fort de Vaux.

pigeon

« Mon dernier pigeon » ajoutait le commandant, et malgré les difficultés énormes et la mitraille, fortement intoxiqué, blessé, presque mourant, l’oiseau fidèle parvint au colombier.

« Le Miroir : publication hebdomadaire. »  Paris, 1920.

Princesse Sophie

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Princesse-Sophie

C’était lors de la visite du prince de Wied à Ballplatz. Le roi de Bulgarie, qui était l’hôte du Comte Berchtold, recevait le futur souverain d’Albanie accompagné de sa femme, la belle princesse Sophie.

La princesse Sophie est décidée à se sacrifier résolument au bonheur de ses futurs sujets. Avec un courage où s’affirme l’énergie farouche de la rude Moldavie où elle fut élevée, la jeune femme accorde à son mari une aide précieuse et dévouée. Aux côtés du roi Ferdinand se tient un aimable Français, depuis longtemps son confident et qui l’accompagna ors de se voyages à Paris, dans le plus strict incognito. On cause de l’état lamentable de la malheureuse Albanie et des difficultés qui attendant le nouveau roi.

Pour flatter les Albanais, déclare le jeune Français au prince de Wied, il faudrait que votre Altesse accepte leur religion et adopte les coutumes musulmanes.

Les trois hommes sourient à cette vision de harem, de favorites et d’almées… Mais la princesse lève la tête, ses yeux s’enflamment, on devine l’âpre combat qui se livre dans son âme héroïque.

Je veux servir mon peuple de mon mieux, reprend résolument le prince de Wied et je le ferai, à n’importe quel prix. 
Ach nein ! Ach nein ! s’écrie soudain la princesse Sophie avec un regard sévère à l’adresse de son mari.

Les Albanaises sont prévenues. Leur nouveau roi restera fidèle à la foi conjugale et les délices du gynécée le laisseront très calme.

« Le Cri de Paris. »  Paul Dollfus, Paris, 1914.