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Elles ont épousé un arbre

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M. Port, anthropologiste anglais, décrit dans le Globus une coutume indienne de mariage symbolique qui fera le bonheur de la Société des amis des arbres.

Dans certaines régions hindoues, une jeune fille ne peut se marier qu’après sa sœur aînée. Mais pour surmonter la difficulté, la sœur aînée peut épouser un arbre, des plantes ou des objets inanimés. Les suites fâcheuses que ne pouvait manquer d’entraîner la transgression aux coutumes, se trouvent de la sorte évitées, et la jeune sœur peut se marier en toute sécurité.

L’inconvénient se réduit à avoir pour beau-frère un peuplier, un orme ou un sapin. Mais il y a des compensations quand ce proche parent est un chêne dont il a nécessairement le coeur, ou bien un prunier, ce qui permet à la sœur ainée de secouer son époux suivant la méthode usitée dans les mariages non symboliques. Les dames indiennes qui ont des propensions au veuvage épousent tout naturellement un saule pleureur, et celles qui ont le caractère particulièrement cassant, un acacia. 

« La Tradition. » Paris, 1900.

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