hommes

Embarqué, c’est pesé !

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steamer

C’est toujours du Nord que nous vient la lumière. Certaines contrées de l’Amérique septentrionale, à peine défrichées, manquent de femmes.

Généralement le sexe fort domine aux Etats-Unis dans une assez forte proportion, car il y a beaucoup plus d’émigrants que d’émigrantes. Une agence matrimoniale de Stockholm a eu l’idée de mettre à profit cette inégalité temporaire des sexes de l’autre côté de l’Atlantique, et s’est chargée d’expédier en Amérique les jeunes filles que pourraient lui demander les prétendants qui enverraient préalablement, avec leur photographie et les frais du voyage, un certificat de bonne vie et moeurs délivré par le clergyrman dont ils fréquentent l’église.

Une première cargaison de vingt-quatre jeunes Suédoises est arrivée récemment à New York, par le steamer Hekla (ne pas confondre avec IKEA), munies d’un contrat en bonne et due forme, par lequel elles s’engagent à épouser, dès leur arrivée, les jeunes gens qui les ont commandées à l’agence.

Encore un nouveau débouché ouvert à la vieille Europe !

« Journal du dimanche. » Paris, 1894.

Cas d’espèce

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rappoport-valentino

Un de nos confrères ayant posé cette question d’enquête : « Que préférez-vous chez l’homme: l’intelligence ou la beauté ? » la majorité des lectrices a répondu  « l’intelligence ». A ce propos, M. Léon Bancal écrit dans le Petit Marseillais :

Si, au lieu de mettre ses lectrices en face de deux abstractions, le même journal leur donnait à choisir entre deux hommes : tenez, entre Rudolph Valentino et Charles Rappoport, par exemple, pensez-vous que le résultat demeurerait le même ? Pourtant, la question n’aurait pas changé. M. Rudolph Valentino, à en juger par l’avidité avec laquelle tant de femmes, jeunes et moins jeunes, contemplent ses traits sur les écrans ou dans les gazettes cinématographiques, peut être considéré comme le type du « bel homme ». Quant à M. Rappoport, nul n’ignore quelle vaste intelligence et quel esprit aiguisé se cachent dans sa barbe socratique et derrière sa face de Kalmouk à lunettes.

J’ai pris ces deux hommes pour montrer combien cette enquête était vaine, car il se peut fort bien que M. Valentino ne soit pas dépourvu d’intelligence et que M. Rappoport ne manque pas d’une certaine beauté. Tout est relatif, c’est une vérité que M. Tout-le-Monde découvrait bien avant M. Einstein.

Les hommes, qu’ils soient beaux, bêtes, intelligents ou hideux, peuvent dormir tranquilles. Rien n’est changé dans le cœur des femmes.

« L’Homme libre. » Paris, 1924.

Les femmes habillées en homme

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dispute-culottes

La Ligue pour l’émancipation des femmes voudrait, dit-on, modifier le costume féminin. A ce propos, les journaux ont publié la curieuse information suivante :

D’une manière générale, la Préfecture de police n’accorde de permission de travestissement que si le ou la pétitionnaire produit un certificat médical attestant la nécessité de ce travestissement. Des exceptions furent faites à cette règle, exigeant le certificat médical, pour Mmes Dieulafoy, Rosa Bonheur, une ex-artiste de la Comédie Française qui voulait assister à une partie de chasse, et, il y a longtemps, pour Marguerite Bellanger.

Il y a actuellement dix femmes à Paris ou en province qui sont autorisées à porter le costume masculin. Il faut compter une directrice d’imprimerie qui peut passer absolument pour un homme, une femme qui exerce la profession de peintre en bâtiment, une artiste peintre, une femme à barbe qui a figuré à l’Eden autrefois, deux personnes mal conformées, et, enfin, une femme qui, extérieurement, a tout à fait l’air d’un homme, tellement elle serait ridicule si elle portait les vêtements de son sexe.

D’autre part, un marchand de pommes de terre de la banlieue a été autorisé à porter constamment un costume de femme, à cause d’une infirmité qui lui rend impossible l’usage d’habits d’homme.

« Gazette française. » Paris, 1891. 

Fruit défendu

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folie

Erasme, le célèbre écrivain philosophe du XVIe siècle, dont on ne lit plus guère aujourd’hui que L’Eloge de la Folie, tout en restant fortement attaché aux croyances chrétiennes, fit maintes fois la critique des abus qui s’étaient introduits dans le monde religieux.

Quand il écrivit ses Colloques, où il malmenait notamment certains ordres monastiques, et certains ecclésiastiques, dont les façons de vivre étaient loin de répondre à la formule et à l’esprit de leur voeu, cet ouvrage causa une grande émotion. Simon de Colline, l’imprimeur, qui s’attendait naturellement au bruit que le livre devait faire, n’en tira pas moins de vingt et un mille exemplaires; nombre que n’avait jamais atteint jusqu’alors aucune publication : mais pour en assurer la vente, il fit aussitôt répandre le bruit que le débit venait d’en être interdit. Il n’y avait rien de vrai dans cette assertion, qui cependant était vraisemblable, et toujours est-il qu’elle eut pour effet de faire vendre la totalité de l’édition, en fort peu de temps.

Cet imprimeur était homme d’esprit, qui savait l’attrait du fruit défendu.

« Ah ! le beau spectacle, écrivait Erasme, comme conclusion de son Eloge de la folie, si placé sur la Lune ou pouvait découvrir les agitations infinies des hommes ! On verrait une grosse nuée de mouches et de moucherons, qui se querellent, se battent, se tendent des pièges, s’entrepillent, jouent, folâtrent, s’élèvent, tombent et meurent. On ne pourrait jamais imaginer les mouvements, le vacarme, le tintamarre que l’homme, ce petit animal, qui par rapport à une durée infinie, n’a qu’une minute à vivre, excite à la surface de la terre. »

« Musée des familles. »  Charles Delagrave, Paris, 1897.

La responsable

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irene-castle

Une ancienne étoile de l’écran américain, miss Irene Castle, à laquelle on attribue le lancement de la mode des cheveux courts, déclare a la presse qu’elle regrette amèrement cette innovation.

« On a vraiment poussé à l’extrême la mode des jupes courtes et des cheveux courts. Les femmes sont devenues de méchants garçons qui font fuir les hommes ! »

La voilà punie ! ça lui apprendra à lancer une mode pareille.

Pour bien faire, il faudrait qu’un Américain lance, pour les hommes, la mode des oreilles coupées.

« La Revue limousine. »  Limoges, 1926.