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Le café, la reine et les religieuses

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L’édition en un volume du Traité des dispenses du carême d’Hecquet contient quelques anecdotes que la réimpression en deux volumes (Paris, 1741) ne renferme point. Ainsi au chapitre dix de la troisième partie l’auteur, examinant la tache prétendue originelle avec laquelle le café est venu en Europe de rendre les hommes « impropres » et les femmes infécondes, rapporte :

Une reine de Perse, ne sachant ce qu’on voulait faire d’un cheval qu’on tourmentait pour le renverser à terre, s’informa à quel dessein on se donnait et à cet animal tant de mouvements. Les officiers firent honnêtement entendre à la princesse que c’était pour en faire un hongre.

« Que de fatigues, répondit-elle. Il ne faut que lui donner du café ! »

Elle prétendait en avoir la preuve domestique dans la personne du roi son mari, que le café avait rendu indifférent pour elle. Comme l’ouvrage en question se lisait au réfectoire de Port-Royal, ce trait scandalisa les religieuses. Aussi Hecquet s’empressa-t-il de retrancher le passage dans son édition en deux volumes.

« Hier, aujourd’hui, demain. » Paris, 1923.