hôte

Chien de guerre

Publié le Mis à jour le

renard-terry-fanLe chien à la mode, c’est le renard ! Encore les guerriers qui auront amené à l’arrière cet hôte incommode aux civils. 

Le permissionnaire, ayant apprivoisé au fond des bois quelque renardeau, l’emporte à Paris. Le chef de train, la receveuse de tramway tolèrent à côté du soldat la présence du renard : vous ne voudriez pas que la marraine fût moins accueillante pour le compagnon de son filleul que la receveuse de tramway ou le chef de train ? La marraine dorlote le renard, lui donne des friandises, l’installe au salon, et il y reste. 

Et voilà toute l’histoire de sa fortune insolente. 

Constatons que le renard était né pour devenir un chien d’appartement. Il porte le collier avec grâce, se montre docile et affectueux. 

Ajoutons qu’il ne fait courir aucun risque à notre garde-manger. Il serait dur, en ces temps de vie chère, de le nourrir avec des poules ou même avec des œufs. Mais la maîtresse de la maison est là pour lui imposer des restrictions. 

Et le renard se résigne, patriotiquement, au menu pacifique de la guerre. 

« Excelsior. » Paris, 1917.
Illustration : Crazy Like a Fox by Terry Fan.

L’hôte de Paris

Publié le Mis à jour le

edouard-VIILa semaine dernière, l’hôte de Paris n’était pas seulement, comme vous pourriez vous l’imaginer, le roi Edouard VII, mais son chien très affectionné, un terrier irlandais, du nom de Jack, qu’un piqueur en livrée promenait aux Tuileries, où il voulut s’esbattre avec la liberté anglaise. 

Aussitôt, les gardes des Tuileries se précipitent pour le rappeler au respect des pelouses, et peut-être allait-on avoir un incident diplomatique, quand un agent de la Sûreté survint et annonça que c’était « le chien du roi ». Grande mortification, puis marques de respect des gardes des Tuileries. Et Jack s’esbattit en liberté.

Mais quelques instants plus tard il engageait une partie d’entente cordiale avec le petit chien d’une vieille dame, à qui la chose ne convint pas, et qui appliqua à Jack un solide coup de parapluie. Vainement alors, l’agent de la Sûreté essaya de faire respecter le chien du roi.

Tant pis, cela m’est bien égal ! répliqua la vieille dame, en redoublant les coups.

Et Jack apprit qu’à Paris les chiens de roi ne sont que des chiens comme les autres.

« Le Journal du dimanche : gazette hebdomadaire de la famille. »  Paris, 1905.