Hôtel-Dieu

De quelques usages de la paille

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salle-classeAutrefois, quand un chanoine du chapitre de Notre-Dame venait à quitter sa prébende, soit par mort ou par démission, ses draps, son oreiller et son lit de plume appartenaient de droit aux pauvres de l’Hôtel-Dieu. A les planchers des appartements étaient jonchés de paille et de nattes.

On voit, en 1208, Philippe-Auguste faire don à l’Hôtel-Dieu de toute la paille de sa chambre et de son palais, lorsqu’il venait à quitter Paris Les églises étaient également jonchées de paille, mais pendant l’hiver seulement. En été on couvrait le sol de feuilles 

d’arbre et d’herbes odoriférantes. Comme il n’y avait pas de bancs, ceux des fidèles qui ne prenaient pas la précaution d’apporter leurs sièges avec eux s’asseyaient ou s’agenouillaient à terre. Il en était de même dans les écoles de Paris, où les jeunes élèves étaient couchés çà et là, pèle-mêle aux pieds des professeurs. Par une singulière et bizarre explication de cet usage, la bulle donnée à cet effet par le pape Urbain V, porte que c’était afin d’inspirer aux écoliers des sentiments d’humilité et de subordination.

On sait que la rue du Fouarre, occupée alors par les écoles, ne reçut son nom qu’à cause de la paille ou feurre dont elle était couverte. 

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Un fantôme dans la cave

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cave-peur

Un marchand de la rue Saint-Victor, à Paris, donnant un grand souper, la servante de la maison fut obligée de descendre à la cave à dix heures du soir.

Elle était peureuse. Elle ne fut pas plutôt descendue, qu’elle remonta tout épouvantée, en criant qu’il y avait un fantôme entre deux tonneaux ! L’effroi se répandit dans la maison, les domestiques les plus hardis descendirent à la cave, les maîtres suivirent, et l’on reconnut que le spectre était un mort.

Le corps avait glissé de la charrette de l’Hôtel-Dieu, et était tombé dans la cave par le soupirail.

« Dictionnaire des sciences occultes. » Jacques Auguste Simon Collin de Plancy. Paris, 1886

Autrefois l’hôpital

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hôtel-dieu

Au moyen âge, il existait près des palais des évêques un lieu destiné à la nourriture des pauvres inscrits sur la matricule de l’Église. Ces malheureux, appelés matriculaires, y logeaient pour la plupart et y étaient soignés lorsqu’ils étaient malades. Voilà l’origine des hôpitaux.

Bien entendu, l’hygiène était absolument ignorée dans ces établissements hospitaliers, et il suffira de donner un aperçu du plus important d’entre eux : l’Hôtel-Dieu de Paris, pour se rendre compte de ce que devaient être les autres.

Cet hôpital, dont la fondation, attribuée généralement à saint Landry, remonte au VIIème siècle, s’appela successivement hôpital Saint-Christophe, Maison-Dieu et enfin Hôtel-Dieu. Il jouit constamment de la sollicitude des rois de France et les chanoines de Notre-Dame subvinrent longtemps à ses besoins.

Il était composé de salles nauséabondes et privées d’air, dans lesquelles les soins de la propreté la plus élémentaire n’étaient même pas observés. Les malades atteints des maux les plus différents gisaient côte à côte, couchés par groupes de cinq ou six sur un grand lit de paille sordide où l’on plaçait également les enfants, car les hôpitaux pour ceux-ci n’existaient pas encore.

La maladie se transmettait par ce dangereux contact et faisait d’innombrables victimes, d’autant plus qu’on n’avait pas songé à attacher des médecins à l’établissement et que les personnes qui souffraient n’avaient d’autres soins que ceux dus à l’initiative des soeurs de charité qui l’administraient.

Aller à l’Hôtel-Dieu autrefois c’était presque aller à la mort. 

Au XVIIIème siècle, lors du terrible incendie qui détruisit cet hôpital, un semblable état de choses régnait encore. On allait même, dans des circonstances extraordinaires, jusqu’à placer des malades les uns sur les autres par le moyen de matelas mis sur l’espèce de baldaquin qui surmontait les lits à cette époque et auquel on ne montait que par une échelle.

Telle était la façon dont nos ancêtres, peu soucieux de l’hygiène, comprenaient l’hospitalité donnée aux malades.

« Le Petit Français illustré. »  Paris, 1902.