hôtel

Un hôtel en Amérique

Publié le Mis à jour le

hotel

Paul Courty, du Journal amusant, a un ami de retour d’Amérique qui affirme y avoir lu dans un hôtel le règlement suivant :

Les messieurs sont priés de ne pas mettre leurs pieds, en hiver, sur le manteau de la cheminée; en été, sur l’appui des fenêtres.

Les dames sont priées de ne pas écrire leurs noms sur les glaces et les vitres avec le diamant de leurs bagues. Si elles se servent de souliers en caoutchouc, elles devront les nettoyer elle-mêmes.

Elles sont, de plus, invitées à ne pas sonner toutes les cinq minutes la femme de chambre, et à ne pas laisser leur porte ouverte la nuit, quand elles logent à côté d’un gentleman.

Le gentleman célibataire s’abstiendra de jouer du trombone; il ne doit pas peigner ses favoris à table, ou du moins ne pas laisser le peigne à côté de son assiette.

Les dames sont priées de ne pas mettre le nez dans les plats qu’on leur passe, à moins qu’elles n’aient la vue basse, et de ne pas tremper les doigts dans la sauce pour la goûter.

On ne doit pas se battre pour la croûte du gâteau de maïs.

Si une dame est pressée de quitter la table avant la fin du repas, elle est priée de le faire sans dire aux convives le motif qui l’oblige à sortir.

Conditions très libérales. La pension est invariablement payée d’avance, au commencement de chaque semaine.

Tout n’est peut-être pas prévu dans cet original règlement; mais il est curieux à conserver au point de vue des mœurs locales.

« Gazette littéraire, artistique et bibliographique. »  Paris, 1891. 

Publicités

La petite monnaie de la gloire

Publié le Mis à jour le

tintin.

Un monsieur visitait un logement de garçon, rue Ballu. Il hésitait devant la fenêtre ouverte sur de minuscules coins de verdure, dépendant des immeubles de la rue de Berlin. La concierge, jeune femme fort avenante, jugea le moment venu de frapper un grand coup. Elle ajouta à son boniment, avec un geste administratif :

Je dois, en outre, faire remarquer à monsieur que là, à droite, se trouve l’hôtel occupé par M. Emile Zola, et que, d’ici, on a l’avantage de voir M. Zola se promener dans son jardin.

L’auteur de l’Assommoir et de Nana donnant ainsi, sans s’en douter, de la valeur aux maisons de ses voisins, c’est original.

« Les Annales politiques et littéraires. » Paris, 1896.
Illustration : « L’Oreille cassée. »  Hergé.