hypnose et suggestion

Magnétisme

Publié le

mademoiselle paradis mesmerLe somnambulisme, l’hypnose et la suggestion sont aujourd’hui du domaine de la science. Mais peut-être serez-vous intéressés de connaître les origines de cette science encore neuve et d’avoir quelques renseignements sur le précurseur qui la devina. 

Franz-Anton Mesmer, l’inventeur du magnétisme animal, naquit dans une petite ville de Souabe, en 1735. Il se voua à l’élude de la médecine, où il acquit une certaine célébrité. Un jour que pour se rendre à la campagne, près de l’un de ses malades, il traversait une forêt, il fut témoin d’un spectacle assez singulier. Près d’un buisson, un petit oiseau se tenait haletant, sous l’œil fascinateur d’un serpent, il se débattait, essayant de reculer, mais un pouvoir invincible le ramenait jusqu’à la gueule béante du reptile. Mesmer étendit entre l’oiseau et le serpent une baguette de coudrier qu’il tenait à la main, le charme fut soudainement rompu et l’oiseau s’envola. 

Ce fait fut pour lui une révélation. Cette influence mystérieuse analogue aux propriétés  de l’aimant qui existe chez certains animaux, devint la base de son système, qu’il appela le magnétisme. 

Il se représentait le globe terrestre et tous les êtres créés, comme, plongés dans un océan de fluide par lequel ils exercent les uns sur les autres une influence continue. Réunir une part du fluide général, en conduire le courant, le communiquer à un être vivant, c’était magnétiser, et, d’après Mesmer, magnétiser, c’était le pouvoir de guérir. 

Mal accueilli des savants de Vienne et de Berlin, Mesmer vint en 1778 à Paris, où sa renommée l’avait précédé. Il y trouva un puissant auxiliaire dans la personne du docteur Deslon, médecin du comte d’Artois.

Bientôt, la curiosité publique fut mise en éveil par le récit de cures merveilleuses opérées par le magnétisme, et en peu de temps toute la ville se passionna pour la doctrine  mesmérienne, qui avait son principal théâtre dans une maison de la place Vendôme. mesmerLà, au milieu d’une salle immense, on voyait de nombreux malades, assis autour d’une cuve pleine d’eau sulfureuse, refermée par un couvercle et au fond de laquelle se trouvaient couchées des bouteilles magnétisées. A un signal donné, le fluide mystérieux circulait entre les patients, c’était le moment des spasmes nerveux, des suffocations, des convulsions. On transportai! les plus exaltés dans une chambre voisine, appelée la salle des crises, où Mesmer les calmait, tantôt au con- tact de ses mains, tantôt en étendant sur eux une baguette enchantée. 

Le nombre des adeptes de Mesmer fut bientôt immense. On y compta des savants, des littérateurs, des magistrats et parmi eux, d’Epreménil, Servan, l’avocat Borgasse et le marquis de Puységur. Ce dernier tira du somnambulisme des conséquences assez bizarres. On racontait que dans un village près de Soissons, des malades qu’il avait endormis du sommeil magnétique lisaient dans leurs propres corps, et indiquaient les remèdes qui devaient les soulager. 

Les procédés magnétiques furent cependant modifiés : les disciples de l’école renoncèrent à la cuve aux bouteilles, et mirent en usage le système des passes, tel qu’il nous est parvenu. Système qui consiste à transmettre l’action du magnétiseur au magnétisé, au moyen du contact des pouces et des mains, de frictions ou de certains gestes. 

De nos jours, la science magnétique rencontre des prôneurs ardents et des incrédules. Avant tout, il faut savoir ce qu’on entend par le magnétisme : où il commence et où il s’arrête.

La médecine moderne a précisé les premières notions, trop sommaires. Seul le médecin est juge de l’opportunité d’un traitement par la suggestion. Toujours est-il qu’une fois de plus, nous voyons la science utiliser à son profit les données instructives des chercheurs jadis méconnus. 

« Ma revue. » Paris, 1908.
Photo : « Mademoiselle Paradis » de Barbara Albert, Autriche 2017.

Publicités