il crociato

Coup de pouce

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Alessandro-Sanquirico

En 1825, la veille de la première représentation d’Il Crociato, opéra de Meyerbeer, l’auteur, vivement préoccupé du sort de son ouvrage, rencontre Rossini, qui, venant à lui tout empressé :

Eh bien ! dit-il, voilà un beau succès qui se prépare pour vous.
— Entre nous, réplique Meyerbeer, je parierais pour une chute.
— Allons donc ! moi je parierais pour un succès, et un grand succès même.
— Vous ?
— Moi, parole d’honneur !
— Pariez-vous cent louis ?
— Je les tiens !
— Donc à demain soir.
— A demain soir !

Le jour de la représentation, Rossini était dans une stalle de balcon au premier rang, bien en vue, élégamment vêtu, contre sa coutume, frisé, portant jabot et gants jaunes, enfin rayonnant… A chaque morceau, il battait vivement des mains et la salle entière de faire comme lui. Le succès fut complet.

Le lendemain Meyerbeer lui envoya les cent louis du pari avec une lettre de remerciement.

« Musée des familles. »  Paris, 1897.
Illustration : Alessandro Sanquirico.