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L’inspecteur des clous

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conseillers-municipauxC’est une opinion solidement accréditée dans le public que le métier de conseiller municipal de Paris est un bon métier et que beaucoup de ceux qui le pratiquent se retirent après fortune faite. Il faut croire que ce ne fut pas le cas des infortunés conseillers municipaux qui ont été remerciés par le suffrage universel en 1929, car le préfet de la Seine, avec l’agrément du conseil, vient de les tirer de la misère.

L’un a été employé comme inspecteur d’on ne sait trop quoi par la régie immobilière, aux appointements de soixante-cinq mille francs par ans. Un autre a été également repêché par une autre société de construction qui travaille pour la ville, et touche une cinquantaine de billets pour ne rien inspecter du tout. Un troisième, qui était autrefois professeur de l’enseignement primaire, a repris ses appointements d’abord et reprendra ultérieurement ses fonctions… quand il sera remis de ses émotions électorales. 

Un quatrième, déjà fonctionnaire, retraité, émarge au budget de la direction des travaux pour une petite somme qui, ajoutée à sa pension, lui assure une honnête aisance. On l’a d’ailleurs prié de se présenter le moins souvent possible dans les locaux de la direction. Un cinquième, qui est très âgé, et qui a siégé à l’Hôtel de Ville pendant près de trente ans, touche simplement une pension viagère de vingt-cinq mille francs.

Enfin, le sixième tenez-vous bien ! a été nommé inspecteur… des passages cloutés !… Oui, mesdames, oui, messieurs, il y a un inspecteur des passages cloutés, qui nous coûte environ quarante mille francs par an !…. Et c’est un ancien conseiller municipal, ancien capitaine d’infanterie, ancien avocat, qui assume cette tâche délicate.

Le préfet de la Seine se demande avec terreur ce qu’il faudra inventer, la prochaine fois, pour caser les laissés-pour-compte du suffrage universel . Nous proposons l’emploi d’inspecteur des inspecteurs inutiles…

« Cyrano. » Paris, 1931.

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Police d’élite

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policier.

Place de l’Opéra, les voyageurs qui attendaient l’autobus étaient, ces derniers temps, dévalisés par d’adroits pickpockets.

On mit un inspecteur en faction : il fit son devoir et, attentif à son service, n’attacha pas assez d’importance à un voyageur pressé qui le bouscula… et lui vola son portefeuille contenant 500 fr.

Le brave inspecteur a porté plainte, tout comme un simple mortel, au commissariat voisin !

« Le Détective. »  Paris, 1927.

Les emplettes d’un villageois

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gare-du-nord

Un inspecteur de la brigade des recherches arrêtait hier, à dix heures du matin, un individu qui était occupé à charger un revolver de gros calibre. Il le conduisit au commissariat du quartier. Consciencieusement fouillé, il fut trouvé porteur d’un couteau à cran d’arrêt, d’un coup-de-poing américain et d’une boite contenant cinquante cartouches.

M. Archer, commissaire de police, demanda quelques explications sur ce véritable arsenal, exclusivement composé d’armes prohibées. Le délinquant déclara alors se nommer Lucien L…, âgé de dix-sept ans, demeurant à Caulaincourt, près de Saint-Quentin, et raconta qu’il était venu à Paris pour assister aux fêtes des jours gras.

Le couteau, expliqua-t-il, me sert pour manger. Le revolver, je viens de l’acheter chez un armurier, pour tuer des corbeaux à Caulaincourt, petit hameau situé près de Saint-Quentin. Quant au coup-de-poing, je l’ai pris pour pouvoir me défendre des rôdeurs qui fourmillent dans votre Paris… Du reste, vous pouvez demander des renseignements à mon ami M…, qui m’a accompagné. Vous le trouverez dans la gare du Nord. Il a un panier peint en vert, avec des sabots dedans.

Grâce à ce signalement précis, M… fut vitre retrouvé. Il confirma la déposition de son ami. Mais M. Archer a consigné les deux voyageurs à sa disposition, en attendant la réponse de leurs parents, prévenus par télégramme.

« Le Petit journal. »  Paris/Clermont-Ferrand-Pau, 1902.

Economies

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wagon-poste

L’Administration des postes a décidé de réduire la dépense en charbon des wagons-poste. Naturellement, on procède aux statistiques.

Un inspecteur, muni d’un thermomètre, effectue chaque jour un voyage sur une ligne. A chaque station, il descend de son wagon de première classe, monte dans le wagon poste, brandit son thermomètre, prend des notes, remonte dans le wagon de 1ère classe. Il lui est alloué 25 francs supplémentaires par jour.

N’aurait-on pu confier le thermomètre au chef du personnel ambulant ? On eût économisé une place en première classe. Cela eût certainement été moins illusoire que l économie que l’on réalisera dans le chauffage des wagons-poste. L’inspecteur serait resté à son bureau et les finances de la République s’en seraient mieux trouvées.

« Le Carnet de la semaine. »  Paris, 1917.
Illustration : Wagon poste. Le tri du courrier dans un wagon. Photographie de presse.Agence Rol. 1913.