Institut

La maman du sculpteur Puech

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denys-puech

Le délicieux sculpteur Denys Puech, qui vient d’être élu membre de l’Institut, Commença par être berger, et c’est tout juste s’il savait lire à quinze ans. Mais il travaillait déjà, et, en gardant ses moutons, sculptait de petites figurines en bois.

Dès qu’il fut parvenu à travailler pour de bon, il fit de tels, progrès qu’il ne craignit pas, au moment ou il accomplissait son service militaire à Albi, de participer à un concours, qu’avait ouvert la ville de Rodez pour l’exécution d’une Naïade. Il fut vainqueur.

La brave paysanne qu’était sa mère vint fut voir son oeuvre, mais, au lieu de le complimenter, fit aussitôt la grimace, puis, s’exclama carrément : 

— Comment ! mon fils, tu n’as pas honte, de montrer une dévergondée de cette espèce ?… Est-ce que tu n’aurais pas pu, au moins, lui mettre un petit caraco !

« Le Journal du dimanche : gazette hebdomadaire de la famille. »  Paris, 1905.
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Pourquoi nous avons eu si froid

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Eugène-Galien-Laloue

On est tellement étonné d’avoir froid, après avoir joui de quelques jours de beau temps, qu’on voudrait toujours que la science nous en explique la raison. 

Or, la science météorologique ressemble, pour cela, au médecin de Molière qui expliquait que quand une fille ne parle pas… c’est qu’elle est muette ; et M. Mascart, membre de l’Institut, explique, avec tout le sang-froid d’un pince-sans-rire, que, si nous avons froid, c’est que nous subissons de vastes pressions ayant pour cause un vent du nord-est ; et comme le vent nord-est n’est généralement pas chaud, nous avons eu froid. Quant à la neige, qu’on, a signalée sur quelques points, elle a été amenée aussi par ce même fâcheux vent du nord-est, qui a transformé en neige la pluie qui allait tomber sur la terre.

En revanche, M. Mascard a souri de cette pauvre humanité, qui ne se souvient jamais d’avoir eu si froid, comme, dans quelques semaines, on ne se souviendra pas d’avoir jamais eu si chaud. Le temps, que nous avons subi n’est nullement anormal, et il y a déjà eu bien des avrils aussi désagréables que celui-ci. Et pour  nous consoler, M. Mascard nous annonce que  nous allions avoir de la chaleur, ou de la pluie.

On ira lui en demander la raison, et il répondra encore, de son ton le plus pince-sans-rire, que, s’il fait chaud, c’est que le soleil nous  brûle, et que, s’il tombe de la pluie, c’est qu’il y a au ciel de grands nuages qui crèvent sur nous.

« Le Journal du dimanche : gazette hebdomadaire de la famille. »  Paris, 1905.
Illustration : Eugène Galien-Laloue.