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Qui a inventé le moteur d’auto ?

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En fouillant les annales de notre Académie des sciences, un chercheur a mis à jour une communication à cette assemblée, concernant un appareil où la force motrice était fournie par l’explosion d’un mélange d’air et de poudre de lycopode ou de charbon pulvérisé.

pyréolophore

Le mémoire fut présenté, le 5 décembre 1806, par deux éminents physiciens, Lazare Carnot et Berthollet. Et savez-vous par qui cette communication était signée ? Par les inventeurs de La photographie, les frères Claude et Nicéphore Niepce.

L’invention fut brevetée en 1806 et qui mieux est, réalisée sous le nom de pyréolophore. C’était un moteur à combustion interne, brûlant la fameuse poudre de lycopode qu’ils adaptèrent à un canot. Celui-ci a navigué sur la Saône. Voilà donc, sans conteste, la première automobile.

« Almanach des coopérateurs. » Limoges, 1927.
Illustration : http://www.photo-museum.org/fr/pyreolophore-invention-moteur-explosion/

Barthélemy Thimonnier

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Il est des inventions qui, pour être humbles, n’en sont pas moins précieuses, et dont l’importance, moins éclatante, n’est pas moins considérable. Celle de la machine à coudre est du nombre.

L’on ne peut dire que les épreuves des inventeurs sont proportionnées à l’apparente importance de leurs découvertes, car Thimonnier, qui imagina la machine à coudre, eut une existence des plus malheureuses. Il était né à l’Arbresle (Rhône), en 1793. A cette époque la ville de Tarare faisait exécuter beaucoup de broderies au crochet dans les montagnes de la région. C’est à cette occasion que Barthélemy Thimonnier conçut la première idée de la couture mécanique.

En 1825, étant tailleur à Saint-Étienne, il se mit à l’œuvre, et, pendant quatre ans, ignorant les premiers éléments de la mécanique, il s’ingénia à réaliser son idée. Ses ressources s’épuisèrent, mais il réussit et prit un brevet. Venu à Paris, il entra comme directeur dans une maison qui confectionnait des vêtements militaires et établit un atelier de 80 machines, mais, par une erreur commune à cette époque, les ouvriers, furieux de la concurrence de la mécanique, envahirent l’atelier et mirent en pièces les machines. Le chef de la maison étant mort sur ces entrefaites, Thimonnier dut reprendre le chemin de son pays.

Deux ans après, il veut tenter de nouveau la fortune à Paris : nouvel échec.

Il refait la route à pied, portant sa machine sur le dos et l’exhibant dans tous les endroits qu’il traverse comme une curiosité ! De retour, il construit des machines et s’associe avec un industriel de Villefranche. l’entreprise prospérait quand la Révolution de 1848 vint l’arrêter net. En 1851, Thimonnier envoie la machine à Londres pour la faire figurer à l’Exposition. La fatalité veut qu’elle arrive après l’examen du jury !

Thimonnier, découragé, se résigna. Il fit encore quelques essais de machine à coudre, mais il était épuisé de misère et de travail et il mourut en 1857.

Changeur & Spont. « Les grandes infortunes. » Paris, 1897.

Génie

 

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Le type de l’inventeur malheureux, du génie exploité, est bien Frédéric Sauvage. Il naquit en 1785. Il était doué d’une intelligence supérieure et spéciale, si l’on peut s’exprimer ainsi, pour inventer.

Toute sa vie il inventa, tantôt créant de toutes pièces des procédés nouveaux, tantôt modifiant et perfectionnant ceux qui existaient déjà. C’est ainsi qu’on lui doit un moulin horizontal donnant un mouvement continu, quelle que soit la direction du vent. Plus tard il inventa le physionomètre, sorte de daguerréotype qui prend l’empreinte des objets à leur contact. Pendant qu’il perfectionnait cette dernière œuvre au prix de sacrifices énormes, des spéculateurs s’en emparèrent, et l’exposèrent sous le nom de physionotype après y avoir fait des modifications insignifiantes pour justifier ce nouveau nom. Le réducteur, le souffleur hydraulique, par lequel on élève l’eau par le poids d’une colonne d’eau, sont aussi les produits de son génie.

Mais l’invention qui immortalise son nom, celle à qui il doit toute sa gloire comme tous ses chagrins, est celle de l’hélice.

Depuis longtemps Sauvage avait été frappé des nombreux inconvénients que présentait le système des roues à aubes. Elles alourdissaient les navires, gênaient beaucoup les manœuvres, et, en temps de guerre, risquaient d’être facilement brisées. Il avait vaguement l’idée d’un propulseur fonctionnant au-dessous de l’eau, quand cette idée se précisa en voyant comment un homme placé à l’arrière d’une embarcation peut, à l’aide d’un seul aviron et sans le sortir de l’eau, manœuvrer son esquif; c’est ce qu’on nomme la godille. Là était le germe de son invention. En effet, en déterminant l’angle sous lequel l’aviron produit le plus de force, Sauvage fut amené à découvrir l’hélice, sa forme la plus favorable, et même sa position la plus avantageuse sous le bateau. Mais cette découverte ne fut pour lui que le point de départ de tourments indicibles.

Il avait engagé toute sa fortune pour arriver à réaliser son idée, et quand il voulut propager son invention, il se heurta à des difficultés sans nombre. Dix ans il lutta pour convaincre ses contemporains. Il fit au Havre des expériences concluantes que l’on s’obstina à ne pas trouver décisives. Enfin ruiné, à bout de ressources, Sauvage fut jeté en prison pour dettes. Pendant ce temps, son invention était appliquée en Angleterre. On en fit même de nouvelles expériences au Havre avec de grossières modifications, et bientôt malgré son brevet, malgré la généreuse défense d’Alphonse Karr, elle tombait dans le domaine public. L’inventeur était frustré du fruit de tous ses efforts, de tout son génie.

Sa raison n’y résista pas, il devint fou et fut enfermé dans la maison de santé de Picpus. Là, paraît-il, son plus grand plaisir était de jouer du violon et d’écouter chanter un oiseau en cage; son esprit brisé retombait à l’état d’enfance. Il mourut au moment où, par un cruel contraste, le Napoléon, le plus beau de nos navires à hélice, dépassait triomphalement toute l’escadre anglaise dans la rade de Constantinople !

Changeur/Spont. « Les grandes infortunes. » Paris, 1897.

 

Feux d’artifice de salon

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Ces Feux d’artifice, dont les éblouissements se produisent aussi bien de jour que de nuit (ce qui ne retarde pas le coucher des enfants), sont contenus dans une boîte, à l’abri de tout accident.

Les feux, au nombre de vingt, sont formées d’allumettes-tisons, mais de grandes allumettes, quatre fois plus longues que les allumettes ordinaires qui, elles, n’ont rien de bien brillant, tandis que les magiques Feux d’artifice de salon s’éparpillent en des millions d’étincelles électriques et dégagent une pluie d’étoiles scintillantes dont on a le spectacle assez longtemps pour l’admirer tout à son aise. Et tout cela sans danger aucun du moindre incendie, sur les tentures et les étoffes les plus légères et sur les objets les plus inflammables, et sans odeur ni fumée.

Après un dîner ou un déjeuner de fête, à la ville comme à la campagne, le Feu d’artifice de salon est une surprise charmante. Pour allumer les tisons, on en maintient le bout, teinté de noir, au-dessus d’une flamme de lampe ou de bougie, jusqu’au jaillissement des premières étincelles; ce qui ne demande que quelques instants.

Prix de la boîte de vingt tisons de Feux d’artifice de salon…………………………………………………..  franco 0.60

« La Revue des nouveautés : organe des comptoirs de spécialités brevetées. » Paris,  1897.

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