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La photographie au VIème siècle

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Constantin Simonides
Constantin Simonides

On sait qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil; mais voici qui a bien le droit d’étonner: la photographie remontant jusqu’au sixième siècle !

C’est pourtant ce qui résulterait d’un manuscrit ayant pour titre: Instructions chimiques du moine Pansélénus de Piorime, à Constantinople, et qui fait, dit-on, partie de la riche bibliothèque du couvent Dionysius, au mont Athos. Le moine Pansélénus vivait de 441 à 521. D’après la traduction, peut-être un peu libre, qu’on a faite de ce document écrit en mauvais grec, l’auteur aurait, avant J.-B. Porto, découvert la chambre noire.

En effet, il se servait d’une sphère creuse en cuivre étamé d’un côté et peinte en noir de l’autre, munie de deux petites portes opposées l’une à l’autre. Le système optique se composait d’une lentille de verre blanc placée au centre de la partie creuse de la sphère, d’un miroir de cuivre poli en avant, d’un verre jaune d’ambre plaqué d’or en arrière, et enfin d’un verre vert de grenouille. Le tout était supporté par un pied à trois branches. Les plaques sur lesquelles « l’image ressemblante»   des objets était reproduite, se composaient de cuivre argenté. Après les avoir nettoyées et polies, on les sensibilisait en les soumettant successivement aux vapeurs de deux corps dont les noms sont intraduisibles, mais qui agissaient identiquement comme l’iode et le bronze, découverts seulement en 1812 et 1826. Enfin on fixait à l’aide du vif-argent.

Ce curieux document a été reproduit dans l’introduction d’un ouvrage publié en 1864 sous le titre Fac-similé de certaines parties de l’Évangile de saint Mathieu, par le docteur, qui ne craint pas d’accuser ouvertement Daguerre de plagiat. Dans un voyage au mont Athos, il se serait approprié tout simplement l’invention de Pansélénus.

C’est le cas ou jamais de finir par la locution consacrée:  « Sous toutes réserves. »

« Musée universel »  A. Ballue, Paris, 1873.

La première idée pratique du parachute

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montage: Gavroche
montage: Gavroche

Lettre adressée au Journal de Paris le 2 août 1781 :

Messieurs,

Quelques personnes m’ayant prié de chercher des moyens pour empêcher les accidents funestes occasionnés par une chute, je viens d’imaginer un bonnet que l’on fabrique, et par le moyen duquel on peut tomber d’une hauteur quelconque sans se blesser, et voici comment : Ce bonnet composé d’une matière forte et légère, très peu volumineuse, quand le bonnet est replié sur lui-même, se déploie et s’allonge, dès que la personne qui l’a sur la tête tombe : il se remplit d’un volume considérable d’air, de la hauteur de quatre à cinq pieds sur un pied de diamètre, et conséquemment de trois pieds de circonférence. Cette colonne d’air verticale suspend et soutient l’homme perpendiculaire, en sorte qu’il tombe toujours et nécessairement sur ses pieds et avec beaucoup de douceur.

Plus la chute est considérable, plus vous tombez doucement et sans que la tête soit tiraillée par la suspension de ce bonnet, parce qu’il tient aux aisselles par de fortes bandes qu’on passe dans les bras, en mettant le bonnet, avec une ceinture horizontale, que vous attachez avec une boucle autour du corps.

Ce bonnet sera d’une très-grande utilité aux personnes qui, par état, sont obligées de travailler fort haut et souvent exposées à des chutes mortelles, comme maçons, charpentiers, couvreurs, vitriers, serruriers.

« La Mosaïque. »  Paris, 1873.

Comment est née l’enveloppe

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enveloppe

Puisque nous sommes sur ce chapitre des petites causes et des grands effets, racontons comment est née l’enveloppe, cette enveloppe de tous formats, de toutes nuances, dont on se sert journellement.
C’est à un papetier de Brighton qu’en est due l’invention. Il s’était complu à étager dans sa vitrine des papiers de tous formats, en procédant graduellement, depuis les plus grandes jusqu’aux plus petites dimensions.

A cette époque on avait pour habitude de ployer le papier d’une certaine façon pour le mettre à la poste. Comme les feuilles de format minuscule, que les dames anglaises affectionnèrent de suite et préférèrent à tout autre, ne se prêtaient plus à cette opération de pliage une fois qu’on les avait recouvertes d’écriture, le papetier, pour ne pas perdre sa clientèle et le débit de son papier de petit format, se creusa la tête pour trouver un remède palliatif. Il imagina l’enveloppe. Elle eut de suite un succès fou et de nos jours chacun le sait, il s’en fait une consommation extraordinaire.
Si le papetier avait seulement eu l’idée de prendre un brevet, il serait, à l’heure qu’il est, archi-millionnaire.

 » Le Grand illustré  »  Paris, 1904.