Jean-Baptiste Camille Corot

Autre dimension

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Etranger à toutes coteries, à toutes conventions, ne considérant que le grand côté des choses, le peintre Corot n’est jamais descendu jusqu’à s’occuper de ce qu’on appelle en France la politique.

Jean-Baptiste Camille Corot laissait dédaigneusement aux imbéciles le soin de trancher ces questions, qui ne se dénouent ici que dans les ruisseaux et sur des pavés de barricades où se font tuer les plus bêtes. C’est ainsi qu’en 1848, après qu’on s’était fusillé pendant trois jours, il descendit de son atelier et dit simplement à son concierge :

« Ah ça, il paraît que l’on n’est pas content ! »

Ce à quoi le concierge lui fit une réponse qu’il n’écouta pas, car au bout de cinq minutes il était remonté chez lui et assis devant son chevalet.

« Le Figaro. »Paris, 1875.

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Une histoire de terme

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Corot, le peintre fameux, était copropriétaire, avec sa soeur, d’une maison située faubourg Poissonnière. Un jour, un de ses locataires (un tailleur)  vient le trouver : il ne pouvait pas payer son terme.

Que voulez-vous que je fasse pour vous ? demanda Corot. Je ne peux pas intercéder auprès de ma sœur, cela ne servirait à rien, je suis si mal vu de ma famille !

En effet, si extraordinaire que cela puisse paraître, le grand homme passait auprès des siens, pour « celui qui n a pas réussi ».

Tenez, ajouta le père Corot, voici de  l’argent, quatre cents francs. Mais, surtout, n’en dites rien ; Je me ferais agoniser de sottises.

L’indiscret tailleur, sous un prétexte ou un autre, prit l’habitude de revenir, chaque avant-veille du terme, toucher ses quatre quatre cents francs.

Et Corot avait ce mot exquis :

J’ai l’air d’être généreux, mais, en somme, j’y gagne, puisque sur ces quatre cents francs il m’en revient la moitié.

« Touche à tout : magazine des magazines. »  Arthème Fayard, Paris, 1909.
Illustration : Centre.France. Larep.fr