Jean-Paul Marat

Marat et les rois  

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maratMarat était opposé naturellement à la coutume de célébrer la « fête des rois ». 

Le 28 décembre 1792, il prenait la parole à la Convention, et demandait l’interdiction de cette vieille coutume. 

« Je demande, dit-il, que la Convention, décrète qu’aucun ministre, de quelque culte qu’il soit, ne pourra célébrer de fêtes sous le nom de « fêtes des rois ». Ces fêtes sont anticiviques et contre-révolutionnaires. » 

Jugeant cette discussion sans utilité, la Convention passa purement et simplement à l’ordre du jour, et la « fête des rois » fut célébrée en 1793 comme précédemment.

« Excelsior. » Paris, 1920.

Sale gosse !

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maratVoici un fait historique raconté par M. Fauche-Borel

En 1764, lors de l’émeute suscitée à Neuchâtel, en Suisse, contre l’avocat général Baudot, qui avait voulu défendre les droits de son souverain, le grand Frédéric, sa maison a été forcée, on la mit au pillage. Fauche-Borel, alors âgé de six ans, vit jeter par les fenêtres les meubles, les pendules, les glaces. Il vit de petits polissons attroupés, conduits par un chef de leur âge, attacher un chat tout vivant à la sonnette de la porte du magistrat, objet de la haine publique. Ce chef imberbe excitait ce ramas de petits furieux à des violences pour lesquelles ses faibles mains étaient impuissantes. 

L’infortuné Baudot fut massacré horriblement. 

Le lendemain se réveillèrent encore plus les inclinations de cet enfant, qui avoir figuré dans l’émeute de la veille, et qui devint si effroyablement célèbre dans les troubles de la France, 25 ans plus tard. On le vit se glisser furtivement dans le cimetière, et enlever les planches qui retenaient la terre de la fosse creusée pour recevoir le cadavre de Baudot, et, après l’avoir comblée, se répandre, avec une joie féroce, dans la ville, au moment où l’on allait déposer les restes de la victime populaire dans sa dernière demeure, fredonner, d’une voix de petit cannibale, un air qui avait pour refrain : « La terre le refusera, la terre ne le recevra pas. » 

Cet enfant, qui déjà préludait à une épouvantable célébrité, c’était Jean-Paul Marat.

Profession de charlatan

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maratLe docteur Koch, qui dit avoir trouvé le moyen de guérir la phtisie, n’est pas le premier qui ait cru faire cette importante découverte. Il a eu, en effet, pour précurseur le célèbre Marat, et voici, à ce sujet, quelques détails que le docteur Cabanès a communiqués à l’Intermédiaire des chercheurs et curieux.

Marat débuta par être médecin. Il eut la chance de guérir de la phtisie la marquise de Laubespine, que tous les médecins regardaient comme perdue. Il administrait à sa malade une eau minérale artificielle qui prit le nom d’Eau factice pulmonique de M. Marat. Cette cure eut un grand retentissement et amena chez Marat une telle quantité de malades qu’il ne savait plus à qui entendre.

Malgré cet immense succès, bien fait pour flatter sa vanité, il abandonna bientôt la médecine pour revenir à l’étude de la physique, disant que l’état de médecin à Paris n’était qu’une profession de charlatan, indigne de lui.

On a bien raison de dire qu’on n’est trahi que par les siens.

« Gazette littéraire, artistique et bibliographique. »  Paris, 1890.
Illustration : Lucien-Étienne Mélingue.