John Logie Baird

Le roman d’une découverte : la télévision

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john_logie_baird_televisionConnaissez-vous son histoire ? La voici en quelques mots : c’est l’histoire d’une victoire remportée sur toutes sortes de difficultés.

Un petit garçon, John Logie Baird, vivait en Ecosse dans les environs de Glasgow. Très tôt il s’amusa à construire un téléphone avec du fil de fer, des clous et des boites de fer blanc. L’idée lui vint que s’il est possible d’entendre des gens par le moyen d’un fil, il n’y avait pas de raison pour que vous ne puissiez pas aussi les voir. Alors il commença à faire ce qu’on appelle des cellules de sélénium (le sélénium est un métal qui se trouve combiné au souffre).

Plus tard, John Logie Baird fut envoyé par son père, un pasteur, à l’Université de Glasgow. Il continuait à être tellement hanté par l’idée de la télévision qu’il fit un assez mauvais étudiant et ne prit pas ses grades. Il obtint ensuite une place de mécanicien et ouvrit un petit commerce pour son compte. Toujours en pensant à la télévision.john_logie_baird.Puis vint la maladie. Il dut abandonner son commerce. Pendant trois ans il ne put trouver un emploi qui lui procurât quelque argent. Toujours pourtant il poursuivait son idée de télévision et travaillait à la réaliser. Mais son petit pécule s’épuisait. Un jour il fut même forcé de vendre pour deux livres sterling tout son outillage !

Dans une vitrine du Musée scientifique de South Kensington à Londres, il y a quelque chose que les garçons et les fillettes contemplent avec émerveillement : c’est la première machine de Baird; elle ne lui a coûté que sept shillings et demi. Elle est faite de carton découpé dans une boite à chapeau, de seize lentilles prises à des lanternes de bicyclette, d’un disque de carton et, bien entendu, d’une cellule de sélénium. Le visage de la personne qu’il s’agissait d’entendre et de voir parler était remplacé par un polichinelle qui criait quand on lui pressait sur le ventre. Le gros problème était de faire apparaître la tête du mannequin sur un écran à l’autre bout de la chambre et l’entendre parler au même moment. Baird fit essai sur essai. Il obtint échec sur échec.john_logie_bairdAprès plusieurs années de constante expérimentation, peu s’en fallut qu’il n’abandonnât tout espoir. Il n’avait plus d’argent. Il n’avait plus de santé. Tout le monde le tenait pour un toqué. Lui faudra-t-il finir par tout lâcher ?

Tout à coup (c’était en octobre 1925), il modifia légèrement son appareil et l’ombre de son polichinelle ventriloque se transforma en une image claire.

Fou de joie, il se précipita dans l’escalier et dans la rue. Il lui fallait quelqu’un qui vînt se faire « télévisionner ». La première personne qu’il rencontra fut un gamin. Il lui demanda de venir dans sa chambre. « Tiens-toi là une minute », lui dit-il. Mais quand le gosse vit les « phares » s’allumer et se diriger sur lui, il prit peur et essaya de s’échapper de la chambre. Baird l’attrapa, lui fourra dans la main une demi-couronne, lui jura qu’il ne ferait pas de mal et le persuada de rester devant le transmetteur.

Alors, pour la première fois dans l’histoire du monde, on vit reçue par un écran à quelques pieds de distance, la figure d’un être humain. Le garçon qui avait été « télévisionné » le premier s’appelait William Tayton. Il devint plus tard employé de la Compagnie de Télévision.J._logie_bairdJohn Logie Baird avait construit son premier appareil dans la chambre où il couchait. Plus tard, à Hastings, sur la côte sud de l’Angleterre, il prit une chambre au-dessus d’une boutique de fleuriste. L’entrée de cette boutique porte une tablette qui a été mise là par le Conseil municipal de Hastings. On y lit :

LA TELEVISION A ETE DECOUVERTE
PAR JOHN LOGIE BAIRD A LA SUITE
D’EXPERIENCES COMMENCEES ICI EN
1924.

1924-1937, treize années ont été consacrées à perfectionner l’invention nouvelle. Nous savons que la télévision a encore un bien long chemin à parcourir avant de pouvoir rivaliser avec le cinéma. Mais qui peut dire ce qu’apporteront les treize ans qui viennent ? Peut-être en 1950 la télévision aura-t-elle fait tant de progrès qu’elle aura remplacé en quelque mesure le cinéma et le théâtre tels que nous les connaissons aujourd’hui ?john_logie_baird_inventeurLa télévision a devant elle des possibilités immenses. Et dans les années prochaines, ne parlera-t-on pas toujours davantage du cran et de la persévérance du jeune Ecossais qui n’a pas consent à se laisser vaincre par le découragement ni abattre par la pauvreté.

Il a lutté pour un rêve et il a remporté la victoire.

Gwilym Davies. « Allo ! : journal mondial de la jeunesse. » Paris, 1937.

Le théâtre à domicile 

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Une curieuse expérience de transmission par sans fil de films sonores 

john logie bairdLondres, septembre (spécial). Après le film sonore, voici maintenant le télé-film-sonore. M. John Logie Baird, un des inventeurs de la télévision, vient en effet  de réaliser à Londres la première démonstration concluante d’une transmission par télévision d’un film sonore. 

Dans son théâtre de télévision, il a projeté un film de cinéma parlant qui étant transmis par sans-fil, d’un appartement situé à l’autre bout du bâtiment. L’expérience eût aussi bien réussi, autant que le permettaient les difficultés de transmission, à une distance de 2 ou 300 milles. Le film fut projeté sur un écran de verre par le procédé ordinaire de la télévision. L’image était parfaitement claire, la voix était rendue distincte par un appareil sonore ordinaire et la synchronisation de la parole à l’action était obtenue par une cellule photo-électrique. Cette cellule convertissait une étroite bande diversement impressionnée et située sur un des côtés du film en courants électriques qui  étaient alors amplifiés et conduits au haut-parleur. 

M. Baird pense que, dans peu de temps, il pourra non seulement transmettre des films parlants que chacun pourra voir et entendre dans l’intimité de son foyer, mais encore transmettre des films sonores d’actualité où l’on pourra voir et entendre un match de football, une course de chevaux ou une séance du Parlement. 

« L’Ouest-Éclair. » Rennes, 1929.

Bientôt !

john logie baird televisionLors d’un discours tenu récemment à Sydney, le célèbre  inventeur anglais, John Logie Baird, spécialisé dans les questions de télévision, a déclaré, selon le Wireless Weekly :

« Un jour, nous aurons la télévision en couleurs, et plus encore, en stéréoscopie ! »

Il expliqua que le problème de la télévision en couleurs est presque résolu, mais que cette découverte tout comme celle de la télévision, doit d’abord passer par une période de tâtonnements. Il a assuré qu’il s’occupait activement des rapports de la stéréoscopie et de la télévision, mais que, pour l’instant, il ne lui était pas encore permis de déclarer quoi que se soit à ce sujet, ne voulant pas donner au public un espoir qu’il n’est peut-être pas encore possible de réaliser. 

« L’Intransigeant. » Paris, 1938.