Joséphine de Beauharnais

Prophétie

Publié le Mis à jour le

josephine

Lorsque la jeune Joséphine quitta la Martinique pour venir en France, une bohémienne, devineresse à l’occasion, lui débita le discours suivant :

« Vous allez en France pour vous marier. Votre mariage ne sera point heureux. Votre mari mourra d’une manière tragique. Vous-même, à cette époque, vous courrez de grands dangers, mais vous en sortirez triomphante. Vous êtes destinée au sort le plus glorieux, et, sans être reine, nous serez plus que reine. » 

La jeune fille ne fit qu’en rire, mais au moment ou M. de Beauharnais se présentait devant la guillotine, elle se rappela cette prédiction.

Publicités

La cape et l’épée

Publié le Mis à jour le

bonaparte-josephine-mariage

Un jour Mme de Beauharnais fait appeler son notaire, M. de la F…

Devinez un peu le motif qui m’a fait vous prier de venir , s’écria-t-elle en l’apercevant.

Après l’avoir quelque temps observée en silence, avoir quelque temps cherché à lire dans ses yeux :

— Mme la marquise penserait-elle à se remarier ?
Précisément… Mais avec qui ? voyez…., cherchez… 
— J’avoue qu’il m’est impossible de pénétrer votre secret. 
— Eh bien ! pour vous tirer de peine, mon cher M. de la F…, apprenez que j’épouse Bonaparte. 
— Impossible. 
— Très possible, je vous jure. 
— Vous vous moquez, madame, il n’a que la cape et l’épée. Oh ! je vous en supplie, croyez-moi, réfléchissez, ne faites pas une semblable folie. 
— Très bien, M. de la F…, très bien, j’aime que l’on prenne les intérêts de ses clients , dit le général Bonaparte, soulevant le rideau derrière lequel il s’était caché à l’arrivée du notaire. Aussi, à partir de ce jour, je vous donne ma clientèle; elle est mince encore, je n’ai que la cape et l’épée, d’accord, mais j’ai la confiance que tôt ou tard elle en vaudra bien une autre.

Le général a tenu parole; sa cape est devenue le manteau semé d’abeilles d’or; son épée a dominé le monde, et la clientèle du notaire s’est nécessairement ressentie de cette grande et inconcevable métamorphose.

« Le Spectateur : revue des moeurs, des arts et de la littérature. »  Poitiers, 1840.