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Origine du journalisme en France

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Théophraste-Renaudot

Le médecin Théophraste Renaudot, le fondateur du journalisme en France, commença par ramasser de tous côtés des nouvelles pour amuser ses malades.

Ainsi, il se vit bientôt plus à la mode qu’aucun de ses confrères.

Mais comme toute une ville n’est pas malade, ou ne s’imagine pas l’être, il réfléchit, au bout de quelques années, qu’il pourrait se faire un revenu plus considérable en donnant chaque semaine au public des feuilles volantes qui contiendraient les nouvelles de France et de divers pays.

Il fallait une permission royale. Il l’obtint avec privilège en 1632.

Mais il y avait longtemps déjà, à cette date, qu’on avait imaginé de pareilles feuilles à Venise, et on les avait appelées gazettes, parce qu’on payait pour les lire une petite pièce de monnaie du nom de gazetta.

« Magazine universel. »  Paris, 1903.

Les origines du journalisme.

Le journalisme avant l’heure

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Les Français sont grands amateurs de nouvelles, musards, crédules par curiosité, badauds en un mot. Soit. Mais au moins, s’il faut une excuse à ce besoin de nouveauté, qui excite leur imagination, ils en ont une excellente. C’est qu’ils tiennent ce goût de leurs plus lointains ancêtres.

Déjà, au dire de César, les Gaulois allaient au devant des marchands sur les routes; ils arrêtaient les étrangers sur les places pour s’enquérir des nouveautés que ceux-ci avaient su apprendre chemin faisant. Puis ils les commentaient, les amplifiaient, les enjolivaient et les colportaient à leur tour.

Au Moyen Age, les trouvères et les troubadours étaient les nouvellistes tout indiqués. Ils renseignaient ou mystifiaient à l’occasion les châtelains et les bourgeois à travers leur vie errante, leur bohème accidentée. C’étaient, à vrai dire, des précurseurs. Ils pratiquaient le journalisme parlé.

Le journalisme écrit ne tarda pas. Bien avant les premières gazettes italiennes, les Nouvelles de la République des Lettres, le Mercure et la Gazette de France, c’est-à-dire dès la fin du XVe siècle, les bourgeois de plusieurs villes de France s’avisèrent d’afficher périodiquement aux piliers de leurs parloirs « des feuilles de bonne calligraphie où étaient relatées toutes sortes de nouveautés, voire de propos gais et de médisance », nous narre un historien du temps, Olivier Chastelain.

Et l’on sait le reste.

Les journaux, en se multipliant, en nous instruisant de tout ce qui se passe heure par heure, n’ont fait qu’augmenter la curiosité publique.

« Revue de France. » Paris, 1903.

Les origines du journalisme

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theophraste-renaudotLe Précurseur d’Anvers, qui a publié d’intéressants documents sur l’histoire du journalisme, rappelle, non sans orgueil, que c’est a un Anversois, Abraham Verhoeven, que revient l’honneur d’avoir fondé le journal dans la stricte acception du mot.

Ce journal, intitulé Niewe Tijdingen, parut d’abord à des intervalles inégaux, mais, dès l’année 1621, il prit un cours régulier, paraissant tous les deux jours avec des illustrations. A cette époque, les autres pays, y compris l’Angleterre, ne produisaient que des feuilles volantes.

En revanche, c’est la France qui donne le jour au premier journal sérieux, la Gazette, fondée, comme on sait, en 1631, à Paris, par Théophraste Renaudot, médecin du roi.

Le premier numéro de la Gazette de France, qui parut le 30 mai, contenait des nouvelles de Constantinople (2 avril), de Rome (26 avril), de la Haute-Allemagne (30 avril), de Freistad en Silésie (1er mai), de Venise (2 mai), d’Amsterdam (17 mai), d’Anvers(24 mai), etc. C’était là, pour le temps, des informations remarquablement rapides.

Ce Théophraste Renaudot, à qui la France devrait bien une statue, comme la Belgique en devrait bien une à Abraham Verhoeven, était un écrivain distingué et un administrateur modèle. Le succès de la Gazette de France fut très grand. Dès 1633, Renaudot parlait en homme sûr de son affaire. Il avertissait les princes qu’ils perdraient leur temps à vouloir fermer le passage à ses nouvelles, « attendu, disait-il, que c’était là une marchandise dont le commerce ne saurait se défendre, et qui tient en cela de la nature des torrents, qu’elle se grossit par la résistance ».