Kansas

L’enfant de la balle 

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Buster Keaton avec ses parents Joe & Myra.

b-keatonNé de parents acrobates, Buster Keaton naquit en 1895, à Pickway (Kansas), dans la roulotte d’un théâtre forain.

Or, le soir même de sa naissance, éclata une furieuse tornade qui démantibula en un instant et emporta au diable la baraque de toile. Les artistes allaient donc être forcés de faire relâche, si le brave clergyman de la paroisse ne leur avait fort gentiment prêté son église pour que le spectacle annoncé pût avoir lieu. Et c’est ce même jour que le petit Keaton, alors prénommé Joseph-Francis, débuta en public sur cette scène improvisée, à l’âge record de… douze heures !

Son père devait exécuter un numéro burlesque. Il parut aux feux de la rampe, tenant dans ses bras le nouveau-né en train de piailler, et il s’en servit comme d’un accessoire qui lui inspira des effets comiques, des gags imprévus, dont la nombreuse assistance se divertit follement. Ce fut un succès éclatant.

« Je crois me souvenir de cette soirée, déclarait gravement Buster; mais je n’en suis pas bien sûr.« 

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Qui sait si ce « baptême des planches » n’influa pas sur ses destinées ? Il est, en tout cas, le seul être au monde qui ait pu se vanter d’avoir fait tordre toute une salle avant de téter son premier biberon !

Buster a raconté lui-même comment il devint acrobate dès l’âge de cinq ans :

« Mon père me fixait autour du corps un harnais complété par une poignée placée sur mon dos. Il me saisissait par cette poignée, me traînait à travers la scène, et m’envoyait, tel un projectile, contre les décors. Je ne me faisais jamais aucun mal. J’avais appris à me tenir en boule et à subir sans dommages toutes les chutes et tous les chocs… J’étais ce qu’il est convenu d’appeler un véritable « enfant de la balle« .

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Un jour, cependant, des âmes sensibles ayant signalé à la police qu’on martyrisait ce pauvre petit, l’attorney convoqua la famille Keaton. On déshabilla le gosse, en présence des plaignants… et ceux-ci constatèrent avec ahurissement qu’il n’avait sur le corps ni un bleu ni une égratignure.

Madame le maire

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Le 8 avril 1894, la ville de Pleasanton (Kansas) est la première ville des Etats-Unis qui ait pour maire une femme.

La belle Mme Austin a été élue.  récemment après une campagne électorale des plus chaudes qu’elle a menée elle-même. Elle l’a emporté de vingt-six voix sur son concurrent, un quincaillier, soutenu par tout le commerce de la ville et qui, même, particularité plaisante, avait obtenu la voix du propre mari de sa rivale. Ce dernier semblait peu partisan de la participation des femmes, et encore moins de celle de son épouse, aux affaires publiques.

Il faut dire aussi que Mme Austin est une maîtresse-femme et une femme au caractère bien trempé. Elle a déclaré une guerre à mort, dans le conseil municipal, qui n’est composé que d’hommes, aux cafés et aux maisons de jeu, et a dénoncé énergiquement l’immoralité de l’administration précédente qui a imposé une amende à ces établissements pour en tirer un revenu. Elle a déclaré qu’il était temps de changer un état de choses où les finances de Pleasanton reposaient en partie sur une tolérance immorale.

Son premier acte officiel a été de révoquer toute la police et de la remplacer par des hommes sûrs, ayant ordre de faire respecter rigoureusement la loi qui prohibe la vente des liqueurs et le jeu. Aussi les cafés et les tripots se sont-ils fermés comme par enchantement. Les propriétaires et les gérants de ces établissements ont disparu de la ville. La vente de cigarettes aux mineurs a été interdite. Les jeunes garçons et les jeunes filles de moins de seize ans, qui sont trouvés dans la rue après neuf heures du soir, sont arrêtés. Tous les magasins et restaurants doivent être fermés à dix heures.

On ne rigole plus à Pleasanton.

Source : « Almanach du Brésil républicain. »  Rio de Janeiro, 1895.

Le père Noël existe…

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Un sénateur du Kansas, M. Robinson, est l’auteur d’un projet de loi qui rend passible d’une amende de trois mille francs les pères de famille qui révéleraient à leurs mioches que le père Noël n’existe pas.

Les légendes sont indispensables au bonheur des enfants, dit M. Robinson, les en priver devient un véritable crime.

M. Robinson a bien raison. Laissons à nos enfants leurs illusions, le plus longtemps possible. Ils connaîtront toujours assez tôt les tristes réalités de la vie.

« Nos lectures chez soi. » Paris, 1911.

Obscurantisme

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La propagande quand même ! Il y a dans une petite ville du Kansas une école qui n’a pas d’élèves.

Chaque matin la maîtresse se tient prête, devant les bancs vides, à faire son cours. Il faut dire que l’école est protestante et que tous les enfants de la ville sont catholiques.

« L’Avenir du Cantal. Supplément illustré du dimanche. »  Aurillac, 1902.

A l’exemple des patriarches

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adam-eve-paradisUn fermier américain du nom de S.-P. Duismoor conçut, nous conte Pierre Sée, l’idée, incontestablement peu banale, de construire un paradis terrestre dans le Kansas, sur le modèle de l’Eden, décrit dans les livres saints.

Il mit trente ans, un peu plus que l’Eternel nécessairement, à débrouiller son petit chaos particulier. Et quand il eut édifié son paradis, il s’en proclama l’Adam. Il ne lui manquait plus qu’une Eve. Malheureusement il avait perdu un peu de temps en jardinage et travaux d’ornementation et il s’aperçut qu’il avait alors quatre-vingt-un ans.

C’était un peu mûr pour une gentille voisine. Néanmoins, l’idée d’être maîtresse en ce paradis (peut-être aussi d’y rencontrer le serpent) fit qu’une Eve, jeune et jolie se présenta. Le mariage eut lieu. Il vient de porter ses fruits. Ce n’est pas une pomme, mais un petit homme, joufflu, fessu et rose comme les anges du Paradis d’en haut.

Le Seigneur fut reconnaissant à Duismoor et, en sa bienveillance, voulut que son âge ne trompât point sa généreuse envie.

Vous pensez si tout le monde parle de ça dans le Kansas !… Les méchantes langues vont même jusqu’à attribuer au malin (ou au tout autre tentateur) cette naissance assez exceptionnelle.

Cependant Abraham créa un précédent.

Félicitons toujours Duismoor.

« Comoedia. »  Paris, 1927.