la fée verte

Le danger de l’absinthe

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jean d'esparbesM. Bondargent avait été interné, voici un an, à Bicêtre près de Paris, où il avait été classé comme « fou alcoolique ». Avec le temps, ses accès de fureur devinrent de moins en moins fréquents. On finit par l’estimer complètement guéri, et la clef des champs lui fut donnée avant hier.

A peine libre,  M. Bondargent , repris par sa funeste passion, s’offrit de fort nombreuses absinthes. Puis, un peu vacillant sur ses jambes, mais fermement résolu, il se rendit acquéreur d’un sabre et se dirigea directement vers le commissariat de la Villette, d’où était parti son ordre d’internement, dans l’intention de tuer l’inspecteur Soriot. Ne le rencontrant pas, Bondargent tourna sa fureur contre son collègue, M. Rajat. Une lutte s’engagea, au cours de laquelle M. Rajat fut assez gravement contusionné.

Bondargent réintégra Bicêtre et, sans nul doute, il ne pourra plus, avant un certain temps, conter fleurette à la « fée verte ».

« Le Nouvelliste. » Paris, 1904.
Peinture : Le buveur d’absinthe, Jean d’Esparbès.

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