la reine Néfertiti

La belle-mère du pharaon

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nefertitiA l’exemple de Toutankhamon, qui s’est, comme on le sait, vengé de ceux venus dans la vallée des Rois pour déranger son sommeil séculaire, la belle-mère du pharaon défunt, la reine Néfertiti, vient de faire sentir sa puissance occulte à la troupe d’un théâtre londonien.

Un imprésario, M. Archibald de Bear, avait, en effet, imaginé de mettre à la scène cette vénérable dame égyptienne et de lui faire chanter des couplets de revue spirituels, bien qu’assez peu protocolaires. Tout allait pour le mieux, lorsque soudainement, à la veille de la première, le principal protagoniste de la pièce perdit la voix et dut partir d’urgence pour une maison de santé.

Le lendemain, l’actrice qui devait incarner la reine Néfertiti eut, de son côté, d’invraisemblables mésaventures. Tous ses camarades souffrirent bientôt, et sans raison apparente, de maux de gorge et autres indispositions désagréables, si bien que la plus grande partie de la troupe se trouva sur le flanc. Le compositeur de la musique de scène eut, lui aussi, des ennuis sans nombre en venant à Londres pour la répétition générale, perdant ses bagages dans un accident de chemin de fer, se trompant de train, etc.

Devant semblable malchance, les derniers valides de la troupe tinrent conseil et décidèrent de demander au directeur d’abandonner son idée de jouer l’irrévérencieuse revue. Après de longues discussions M. de Bear se laissa forcer la main, et il fit annoncer par la voie de la presse que le sketch en question était supprimé.

Alors, miracle ! On s’aperçut que l’acteur principal venait de retrouver sa voix par enchantement, et que les autres, artistes guérissaient à vue d’œil. Plus de doute ! Il s’agissait bien d’un sort jeté par la terrible reine Néfertiti sur le personnel du Duke of
York’s Theatre.

« L’Écho annamite. » Saïgon, 1925.