lait

Une machine moderne

Publié le Mis à jour le

 

julien-dupré

Il parait qu’on vient d’expérimenter eu Suisse une machine qui permet de traire automatiquement une quarantaine de vaches à la fois et d’amener leur lait dans un seul récipient.

Il y aurait là, pour les établissements agricoles où les vaches sont nombreuses, la possibilité d’une grande économie de temps. Mais les artistes et les amateurs de simplicité champêtre regretteront toujours le spectacle de la fermière faisant jaillir sous ses doigts le lait tiède et crémeux.

« Le Petit Français illustré. » Paris, 1891.
Peinture de Julien Dupré.

Publicités

Les sorciers voleurs de beurre

Publié le Mis à jour le

sorciers

C’est dans la journée du 1er mai que les sorciers ont le pouvoir de jeter des sorts sur le lait et sur le beurre et de se l’approprier d’une façon mystérieuse. Voici ce qu’on pratique dans les environs de Lorient pour se garantir de leurs maléfices.

On commence par faire sortir les bestiaux de l’étable que l’on nettoie à fond, puis on va chercher des ronces, du laurier, du sureau, des morceaux de cuir, etc., que l’on fait brûler tout autour de l’étable dans des pots remplis d’avance de charbons allumés.. On fixe ensuite aux murs un grand nombre de branches de sureau. Quand ces préparatifs sont terminés, on fait rentrer les vaches dans l’étable, à reculons, cérémonie qui doit empêcher les voleurs de beurre d’exécuter leurs larcins (1)

Ce n’est pas tout, il faut encore se procurer une ronce ayant une racine à chacune de ses extrémités, (ce qui, paraît-il, peut se trouver assez facilement) et la fixer sous forme de demi- cercle au-dessus de la porte de l’étable.

(1) Cet usage de faire rentrer les vaches dans l’étable à reculons se rattache vraisemblablement à un épisode du mythe d’Hercule.

« Mélusine. » Paris, 1878.

Trott et la mouche

Publié le

enfant

Trott se trouve tout à coup à coup un creux énorme. Oh ! qu’il a faim ! Heureusement, sa tasse de lait est toute prête. Trott prend sa tasse des deux mains. Il la soulève et se prépare à boire.

Tiens ! il y a une mouche au milieu du lait. Trott s’arrête, offensé. C’est bien fait. Vilaine gourmande ! qui lui a permis de boire le lait de Trott ? Elle va se noyer, et elle ne l’aura pas volé. Comme elle a l’air épouvantée, la mouche ! Elle remue désespérément les pattes; elle essaye de battre des ailes; elle n’y arrive pas. Chaque mouvement qu’elle fait l’enfonce davantage. Bientôt ce sera fini.

Pauvre mouche ! Après tout, c’est une bien grosse punition. Trott lui tend la cuillère « Grimpe dessus et va-t’en. » Mais la mouche a tout à fait perdu la tête. Au lieu de s’approcher, elle s’éloigne. Ah ! bien alors !… Tant pis pour elle ! 

Mais non ! Tout à coup Trott se sent pris d’une immense pitié. Est-ce qu’il n’était pas un peu comme cette pauvre mouche tous ces jours derniers, quand il se débattait dans sa fièvre, qu’il repoussait sa maman et Jane. Cette tasse de lait, c’est pour la mouche une mer effroyable où elle va s’engloutir, quelque chose comme cet horrible noir où Trott était emporté.

Trott poursuit la mouche avec la cuillère. Est-ce qu’il n’arrivera donc jamais à l’attraper ? Les pattes remuent moins. Oh ! elle ne va pas mourir ? Il semble à Trott que ce soit quelque chose comme si lui-même allait retomber malade.

Enfin la mouche est prise dans la cuillère, et Trott la verse avec un peu de lait sur la table de fer-blanc. N’est-il pas trop tard, hélas ? Elle est échouée lamentablement sur un côté les ailes sont collées, les pattes ne remuent plus; c’est une petite loque. Elle a l’air étouffée, noyée, morte définitivement. Trott la pousse de côté, légèrement, avec la cuillère. Il oublie de boire. Il la contemple avec anxiété. Rien ne bouge. Elle est morte.

Non ! Est-ce bien possible ? Voilà une patte qui s’agite faiblement. Puis plus rien. Ah ! en voici deux ! Elle se les frotte l’une contre l’autre. Puis, tout de suite, elle s’essuie la figure. Ça, c’est propre, madame la mouche. Elle fait un grand effort, en dégage une troisième et se traîne à trois pattes.

Oh ! mais, ça va vite maintenant. Voilà la quatrième délivrée, et puis les deux dernières. Il n’y a que les ailes qui ne vont pas encore. Elle a beau se les lisser, se les lustrer, se les gratter avec ses pattes elles ne veulent pas se décoller. Pourtant on dirait que l’une… Allons donc ! courage ! Ça y est. On entend un Zzzon significatif. L’aile droite est libre; l’aile gauche est encore poisseuse mais pas pour longtemps. Elle se met à remuer, à remuer. Zzzon. Les voilà toutes deux rétablies. La mouche se promène de long en large d’un air affairé. Elle va, elle vient, elle s’arrête, elle reprend sa route comme si elle cherchait très vite quelque chose d’égaré, par-ci, par-là, par-là encore. Et tout à coup, pfttt, la voilà envolée ! 

Elle aurait pu dire merci. Trott est un peu choqué. Mais il est tout de même bien content.

André Lichtenberger, « Mon petit Trott. »

Le lait de Montmorency

Publié le Mis à jour le

ânesses-vache

On lisait, il y a quelques années, dans un des villages de la vallée de Montmorency, l’enseigne suivante qui nous a paru digne d’être conservée :

Ici on vend d’excellent lait d’ânesse, tout chaud et naturel, tel qu’il sort du pis de la vache.

« Chroniques. »  Paris, 1849.