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L’éducation d’un prince

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Prince-héritier-Alexandre-de-Serbie

Les princes savent tout et sont parfaits en tout, chacun sait çà. Le jeune roi Alexandre de Serbie, tout jeune qu’il est encore (il n’a  que 15 ans), est déjà arrivé à cet état de perfection idéale et royale. En effet le Journal officiel de Belgrade vient de publier la note ci-après, laquelle ne laisse aucun doute à ce sujet :

S. M. le roi Alexandre a été examiné le 20 juin sur les matières suivantes : religion, géométrie, algèbre, physique, chimie, science des armes, histoire serbe, tactique, histoire universelle, langue latine, langue allemande, langue française, langue anglaise. Sa Majesté a mérité dans toutes les questions la note parfaitement bien.

Étaient présents : MM. les régents du royaume, S. S. le métropolite, M. le président du Conseil, le ministre de la guerre, le président du Conseil d’État, le ministre de l’instruction publique et le gouverneur de Sa Majesté.

Cela ne rappelle-t-il pas le Pancrace du Mariage forcé de Molière, lequel Pancrace  possède « superlative » fables, mythologie et histoire; grammaire, poésie, rhétorique, dialectique et sophistique; mathématiques, arithmétique, optique, onirocritique, physique et métaphysique, etc. ?

« Gazette littéraire, artistique et bibliographique. »  Paris, 1891.
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Utilité du patois

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niceInvités par un parent, deux Foréziens étaient allés à Nice. S’étant aventurés dans un café-palace qui avoisine la promenade des Anglais, ils s’aperçurent qu’on ne les regardait pas avec une sympathie excessive. Les garçons surtout, du haut de leur plastron, laissaient tomber sur eux un dédain à congeler les carafes.

Vous devinez pourquoi ? Nos compatriotes parlaient français, alors qu’autour d’eux résonnaient toutes les langues à change élevé : langue de la livre, langue du dollar, langue du florin, langue de la peseta, et langue de la lire, c’est-à-dire anglais, flamand, espagnol, italien.

Quelle langue pourrions-nous parler ? dirent nos Foréziens. Si on essayait le patois ?

Et à peine avaient-ils commencé de parler patois qu’ils sentirent autour d’eux remonter la température. La considération leur revenait. On les prenait au moins pour des Espagnols.

Voilà qui démontre, une fois de plus, l’utilité du patois.

« La Revue limousine : revue régionale. » 
Limoges, 1926. Illustration : Angelo Garino.

Réforme de l’orthographe

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bonnet-ane

La question de la réforme de l’orthographe a pris une certaine importance depuis quelque temps. L’un des promoteurs les plus actifs de cette réforme est certainement M. Barès qui y consacre depuis nombre d’années son temps et son argent. Voulant donner une forme pratique aux principes qu’il défend, M. Barès a fait une grammaire résumant les règles qui lui paraissent devoir constituer la structure de notre idiome écrit et parlé.

On le voit, c’est une révolution ayant pour conséquence la transformation de notre langue, révolution qui ferait que nos enfants liraient difficilement Racine, Bossuet, Victor Hugo et Lamartine. Tout en reconnaissant qu’avec les siècles une langue se modifie et que la nôtre peut être simplifiée, et tout en admirant la persévérance avec laquelle M. Barès poursuit la campagne qu’il a commencée, nous pensons que les lettrés conserveront longtemps encore une forme de langage qui a produit tant de chefs-d’œuvre.

La simplification de l’orthographe sera l’œuvre du temps et nous ne pensons même pas que le décret de M. Leygues puisse en hâter l’accomplissement.

« La Revue scientifique du Limousin. »  Musée national Adrien Dubouché, Limoges, 1899. 
Illustration : Benjamin Rabier. 

L’Esperanto et la police

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esperanto

M. Raoul Brandon, conseiller municipal, vice-président du Conseil général, présentera un voeu pour que l’Espéranto soit enseigné à un certain nombre d’agents de police. L’Espéranto est devenu, assurent ses fidèles, une langue vivante, parlée dans le monde entier, enseignée dans de nombreuses écoles.

En France, le ministre de l’Instruction Publique, M. Edouard Herriot, s’est fait représenter par des Recteurs d’Académie à divers congrès esperantistes, ainsi, d’ailleurs, que le ministre de la guerre, M. Paul Painlevé, et plusieurs autres ministres.

De nombreux savants : le général Ferrié, Charles Lallemand, Louis Lumière, Charles Richet, Dr Roux, général Sebert, etc., patronnent l’Espéranto. Dans le domaine commercial, citons la Chambre de Commerce de Paris, qui fait usage de l’Esperanto dans ses imprimés, et dont le distingué Président, M. André Baudet, parle et écrit en cette langue.

Il est certain que l’Espéranto pourrait devenir une langue internationale si tous ceux qui la parlent avaient la même prononciation (ce qui n’est pas le cas, malheureusement), les promoteurs de cette langue n’ayant pas fait, à ma connaissance, le nécessaire pour uniformiser la prononciation et l’accent.

« Le Détective. »   Paris, 1928.