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Le Diable en Afrique

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exorcismeUne émotion assez vive, causée par un fait des plus étranges, a agité l’an dernier tout un quartier de la ville de Bône. 

Il est un haut et puissant personnage dont on parle depuis longtemps, que beaucoup ont appelé, que bien peu ont eu l’honneur de voir, au moins en ce monde, le Diable ! oui, le Diable, qui, s’il ne s’est pas montré dans toute sa majesté, le front armé des cornes classiques, s’est cependant manifesté de la façon la moins douteuse dans une maison de la rue Staoueli, habitée par des juifs. 

Cette famille était tranquillement occupée aux soins du ménage. Tout à coup le seau du puits s’est violemment jeté, de lui-même et sans provocation, sur une cruche qu’il a mise en pièces. Les assistants, épouvantés, ont pris la fuite, et, quand ils sont rentrés avec du renfort, ç’a bien été autre chose ! Un feu était sorti de terre; une marmite infernale, venue on ne sait d’où, bouillotait sans qu’aucune main humaine y eût touché; le tentateur s’était même amusé à couper en menus morceaux un melon qui se trouvait là; enfin, et ceci est plus grave, une pluie de pierres tombait sur les curieux, dont plusieurs ont été plus ou moins contusionnés. 

On ne nous demandera pas, sans doute, de faire connaître les motifs que pouvait avoir le Diable d’en agir ainsi. La maison est-elle construite, comme on l’a avancé, sur les restes d’un saint marabout dont l’âme révoltée a, très-mal à propos, été prise pour le malin esprit ? Nous n’en savons rien, mais nous devons rendre cette justice aux habitants de la maison, que rien n’a été négligé par eux pour exorciser Satan. 

Le cadi, le rabbin, un peu de musique arabe même, et, ce qui pouvait bien être aussi utile que tout le reste ensemble, la police, ont été appelés pour faire cesser les plaisanteries déplacées de l’ennemi du genre humain, 

Enfin, une dernière précaution, la plus sage de toutes à notre avis, a été prise par les juifs. Connaissant les vices du Diable, ils ont résolu de s’en débarrasser par sa propre gourmandise. On a disposé, pour cela, dans une chambre de la maison, les mets les plus appétissants, les confitures les plus délicates; on a levé la clef, et depuis lors tout est tranquille. 

Le Diable festine à son aise, et tout le monde est content. 

« Almanach astrologique. » Paris, 1858.

Le diable à la veillée de cartes

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L’événement suivant s’est produit vers 1905, à Grâce Field dans la province de Québec. On raconte qu’une histoire semblable s’est produite à Timmins.

Dans la paroisse de Grâce Field, le samedi soir, on jouait aux cartes et on dansait chez un habitant. Cet habitant vivait dans une belle grosse maison de briques. Un dimanche, le curé du village monte en chaire et avertit ses paroissiens :

«Malheur à celui qui dansera passé minuit le samedi soir !»

Comme de raison, le samedi suivant, les gens dansent et jouent toujours aux cartes. Bien entendu, ils continuent à danser passé minuit. Alors, à minuit et vingt, un homme entre dans la salle. Il est bien habillé. Il porte des gants et un chapeau de castor. L’homme demande à jouer aux cartes avec eux. Les gens acceptent.

L’homme se met à jouer aux cartes et il gagne tout le temps. Une femme assise près de l’étranger, sent bien que quelque chose ne va pas. Elle échappe une carte par terre. En se penchant pour la ramasser, elle aperçoit sous la table des sabots de cheval, à la place des pieds de l’homme. Elle sort vite son chapelet et le brasse devant lui. L’homme a tellement peur qu’il se sauve en passant à travers le mur de briques. Le trou qu’il laisse dans le mur de briques a la forme d’un homme. La partie de cartes finit là.

On raconte que, pendant des années, on a essayé de boucher le trou dans le mur et de le colmater. Il n’y avait rien à faire. Jusqu’à ce que la maison soit démolie quarante ans plus tard, personne n’a jamais pu refermer le trou.

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