le timbre antituberculeux

Le mouchoir de papier

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eternuementM. Loucheur s’est attelé à l’étude d’un énergique plan d’organisation de l’hygiène. Il s’agit de rattraper, presque d’un seul coup, des années de retard, années pendant lesquelles on a laissé mourir tant de gens, pour lesquels on eût pu retarder cette formalité dernière.

En attendant que soient construits, équipés et mis en route les dispensaires, préventoriums, sanatoriums, et autres établissements indispensables à la lutte contre les fléaux sociaux, il est nécessaire que le public tout entier s’éduque et comprenne son devoir. C’est pourquoi le timbre antituberculeux est de si bonne propagande. Il oblige à réfléchir sur les problèmes d’hygiène, les jeunes et les vieux.

Il faudra, pour que l’effort collectif corresponde à l’effort gouvernemental, s’appliquera cent petites réformes de nos mœurs, parmi lesquelles comptera peut-être comme essentielle la réforme du mouchoir.

Au Japon, le Siècle Médical le rappelait ces temps derniers, on ne se mouche pas dans des mouchoirs de toile. On n’emploie que des mouchoirs en papier de soie. Après usage, chaque carré de papier est glissé dans un petit sac, de papier également, qu’on brûle chaque soir. Tous les petits, résidus que nous confions à nos mouchoirs s’en vont ainsi en fumée. Et le feu purifie tout.

Ce sont des hygiénistes très savants qui font campagne pour la suppression du mouchoir de tissu, en faveur du mouchoir japonais. Ils réclament là une modification de nos habitudes qui sera longue à obtenir, car nous tenons à nos habitudes, et surtout, lorsqu’elles sont mauvaises.

Louis Forest. « Le Matin. » Paris, 6 novembre 1928.