liberté

Hommes des bois

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Paphnuce-Thais

Il existe dans les Pyrénées, comme dans beaucoup d’autres forêts de La France profonde, des hommes ou des femmes en marge, vivant en parfaite autarcie, dans des grottes ou des cabanes primitives.

Solitaires ou en famille, ils subsistent de braconnage et de cueillette, refusant farouchement tout contact avec la civilisation, les douceurs et les facilités qu’elle nous apporte. Ces êtres ne sont pas à proprement parler des hommes sauvages, car il s’agit pour la plupart d’individus ayant volontairement abandonné la vie communautaire, à une époque plus ou moins lointaine.

 

ermite

Il existe parmi eux des religieux ou des religieuses devenus anachorètes par goût de la vie contemplative et du silence, à l’exemple de Jeanne-Marguerite de Montmorency, qui, au XVIIe siècle, abandonna la Cour et sa noble famille pour vivre en ermite.

D’autres ont simplement tourné le dos au monde moderne pour vivre une vie libre et solitaire. Tous ont en commun le refus de subir le carcan de la civilisation, obéissant uniquement à des lois naturelles non écrites ou à leur conscience.

« A la découverte de la France mystérieuse. » Sélection du Reader’s Digest. » Paris, 2001.

La censure aux Etats-Unis

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Theodore-Roosevelt

Elle est la même partout, c’est-à-dire aussi godiche, même dans ce pays de liberté qu’a la prétention d’être l’Amérique.

Il existe des photographies de M. Theodore Roosevelt qui le représentent chassant dans le Colorado, vêtu en cow-boy. Mais, parmi ces photographies, il s’en trouvait une qui le montrait en train de se laisser interviewer par une reporteresse, miss Gertrud Dunn, et cette épreuve avait deux défauts : d’abord, le cliché avait été pris de telle façon que le président n’y occupait pas la place principale. En second lieu la reporteresse, qui se trouvait à cheval aussi, était montée à califourchon et montrait un peu trop de jambe au-dessus de ses chevilles.

Par pudeur… et par respect pour le protocole, le cliché a été détruit. Il est probable que M. Roosevelt, qui est un homme intelligent, n’en a rien su.

« Gazette Française. » Paris, 1905.

Manifestations

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F-Brard-manifestation-femmes

Pendant que le Tout-Paris villégiature, ce qui reste manifeste. C’est chose peu banale, en effet, que de voir de courageuses femmes du monde réclamer publiquement dans la rue la liberté d’enseignement.

En cent ans, la situation de notre pays a vraiment peu changé. Les descendants de ceux qui eurent le plus à souffrir de la Révolution se réclament à leur tour de ses principes — dits immortels — pour défendre leurs libertés menacées. Ce rapprochement est vraiment bien curieux et bien humain. Seulement il n’est plus de Bastille à prendre, et cela serait moins facile que jadis. M. Lépine veille et bien.

Il serait question de former une ligue pour le refus de l’impôt. Nul doute qu’elle ne trouve de nombreux adhérents dans toutes les classes de la société, ne fût-ce que pour le plaisir extrême d’économiser sur le dos de l’Etat. C’est un moyen tout trouve de rétablir quelque peu ses revenus sans cesse diminuant. Voilà une idée qui ferait fortune dans les campagnes, ou le paysan attend la dernière extrémité pour payer ses contributions, et avec quel chagrin ! car elles lui arrachent les quelques sous que la terre appauvrie lui permet de mettre de côté.

« La Revue mondaine : hebdomadaire, littéraire et artistique. »  Paris, 1902.
Illustration : F. Brard.

Voltaire en colère

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richelieu

Lorsqu’il fut question de réunir l’Académie Française à celle des Inscriptions et Belles-Lettres, Voltaire s’écria :

« Je ne pardonne point à ceux qui veulent du mal à notre Académie, parce qu’elle est libre. Le Cardinal de Richelieu l’a créée avec cette liberté comme Dieu créa l’homme. Il faut lui laisser le libre arbitre dont elle n’a jamais abusé. C’est un Corps plus utile qu’on ne pense , en ne faisant rien, parce qu’il sera toujours le dépôt du bon goût qui se perd totalement en France. Il faut laisser subsister l’Académie comme ces anciens Monuments qui ne servaient qu’à montrer le chemin ».

« Almanach littéraire ou Etrennes d’Apollon . »  Paris, 1792.

L’hôte de Paris

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edouard-VIILa semaine dernière, l’hôte de Paris n’était pas seulement, comme vous pourriez vous l’imaginer, le roi Edouard VII, mais son chien très affectionné, un terrier irlandais, du nom de Jack, qu’un piqueur en livrée promenait aux Tuileries, où il voulut s’esbattre avec la liberté anglaise. 

Aussitôt, les gardes des Tuileries se précipitent pour le rappeler au respect des pelouses, et peut-être allait-on avoir un incident diplomatique, quand un agent de la Sûreté survint et annonça que c’était « le chien du roi ». Grande mortification, puis marques de respect des gardes des Tuileries. Et Jack s’esbattit en liberté.

Mais quelques instants plus tard il engageait une partie d’entente cordiale avec le petit chien d’une vieille dame, à qui la chose ne convint pas, et qui appliqua à Jack un solide coup de parapluie. Vainement alors, l’agent de la Sûreté essaya de faire respecter le chien du roi.

Tant pis, cela m’est bien égal ! répliqua la vieille dame, en redoublant les coups.

Et Jack apprit qu’à Paris les chiens de roi ne sont que des chiens comme les autres.

« Le Journal du dimanche : gazette hebdomadaire de la famille. »  Paris, 1905.

République de femmes

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Jean-François Millet
Jean-François Millet

Une romancière de Chicago, miss Mary Hydon, vient d’acheter 5.000 acres de terre dans le Texas pour y établir une colonie agricole à l’usage exclusif des femmes. Miss Haydon et ses compagnes, toutes célibataires, se proposent d’exploiter  elles-mêmes leur domaine, sans le concours d’aucun homme.

Elles font appel à toutes les femmes éprises de liberté, d’exercice et de grand air. Soit que les candidates veuillent prêter à l’oeuvre commune l’aide efficace d’un petit capital, soit qu’elles apportent seulement le concours de leurs mains, elles seront toutes les bienvenues.

Ces vaillantes ne s’effrayent d’aucune peine; elles ne reculent point devant les plus rudes labeurs. Elles comptent labourer, semer, faucher et moissonner, pour démontrer que rien n’est au-dessus de leur courage. Ces fermières virginales ont cependant prévu le cas où le retour à la vie de nature les engagerait à sortir d’un isolement farouche. S’il en est parmi elles qui désirent se marier, elles auront le droit d’installer leur époux sur le territoire colonial; mais ceux-ci demeureront exclus de l’administration.

Les progrès du féminisme finiront par ne laisser à l’homme d’autre état que celui de prince consort.

« Ma revue. » Paris, 1907.

La liberté de la presse

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tribunal-mandarin

Il y a encore des progrès à accomplir en Chine pour ce qui touche à la liberté d’écrire. Nous trouvons dans le Paris des renseignement curieux à cet égard; Un lettré chinois nommé Wangse-Heou, ayant commis l’imprudence d’altérer légèrement certains passages d’un dictionnaire, fut aussitôt traduit en justice et les juges prononcèrent la sentence en ces termes :

Nous trouvons :

1° Que Whangse-Heou a osé s’occuper du grand Dictionnaire de Khanghi, poussant l’audace jusqu’à altérer quelques paroles de cette oeuvre sublime;

2° Dans la préface du livre de Whangse-Heou, nous avons vu avec horreur qu’il a osé mentionner les noms de la famille primitive de Confucius. Cette témérité nous a fait tressaillir ; 

3° Dans la généalogie de sa famille et dans la poésie, Whangse-Heou assure descendre des Wsang-See.

Nous déclarons donc Whangse-Heou coupable de haute trahison et prononçons la sentence suivante :

Selon les lois de l’Empire, un tel crime mérite une peine sévère. Le coupable sera écartelé, ses biens confisqués, et ses fils et parents ayant dépassé seize ans subiront la peine de mort; ses femmes et ses fils âgés de moins de seize ans seront exilés et cédés comme esclaves à un grand de l’Empire.

Dans sa haute clémence, l’empereur a bien voulu (ainsi que le dit un document officiel) « favoriser Whangse-Heou dans l’application de la peine. Il ne sera pas écartelé, il aura tout simplement la tête tranchée. Quant à ses fils, ils seront réservés pour la grande exécution qui aura lieu en automne. »

Sous un tel régime, il ne doit pas faire bon rédiger des journaux d’opposition.

« La Revue des journaux et des livres. » Paris, 1885.

Image d’illustration.