lièvre boiteux

Le lièvre boiteux

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Dans le canton de Poligny (Jura), on voyait dans plusieurs villages, un lièvre blessé qu’on appelait le « lièvre boiteux » et qui était peu sauvage: il était bien connu, surtout à Villers-les-Bois. Ceux qui avaient le plus à s’en plaindre, étaient sans contredit les paroissiens de Seligney. Toutes les fois qu’ils allaient à la messe le dimanche, ils étaient sûrs de le trouver sur leur chemin. Ils le poursuivaient, croyaient à chaque instant l’atteindre et arrivaient à l’office… quand les autres en sortaient.

A Augerans, canton de Montbarrey (Jura), un lièvre allait souvent se promener sur la place ou sur le chemin du château. Les bergers le poursuivaient sans pouvoir l’atteindre. Les chasseurs ne pouvaient qu’en évaluer le poids; le plomb glissait sur sa peau invulnérable. Quand il arrivait à la lisière du bois, il se retournait un instant, puis disparaissait dans le taillis.

Dans la même commune, on voyait fréquemment un autre lièvre qu’on nommait: « le lièvre du vieux Servant. » Il marchait lentement et malgré cela on ne pouvait l’attraper.

Dans la Haute-Saône, notamment à Noroy-le-Bourg, il y avait un lièvre invulnérable; il avait le poil complètement blanc.

La légende du lièvre qu’on ne peut tuer est très ancienne et très répandue.

Un homme de Rochejean (Doubs) allait un jour aux morilles, il en vit une qui lui parut énorme et qui remuait. Il la coupa avec son couteau et ne fut pas peu surpris de voir filer, comme une flèche, un lièvre qui avait poussé dedans. lapins029

« Revue des traditions populaires. »  Musée de l’homme, Société des traditions populaires, Paris, 1908.

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