linguistique

Petites curiosités linguistiques

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bouchersIl est des mots d’argot que l’usage a presque généralisés, et dont on cherche la filiation sans y parvenir. Ainsi le mot loufoc ou loufoque : tous ceux qui ont passé par le régiment savent que cela veut dire fou, toqué, mais l’origine ? M. Louis Lucipia nous l’a fait connaître.

Loufoque appartient à l’argot des bouchers parisiens, celui qu’on appelle  l’« Argueluche des louchersbèmes. » C’est un argot très simple, procédant du même système que, par exemple, le «Javanais ».

Dans l’argot des bouchers, on remplace presque toujours la consonne initiale du mot par un l. La consonne initiale est reportée à la fin du mot, et on la fait suivre d’une ou deux syllabes variables et qui constituent précisément l’originalité de cette argot : ème, esse, mique, oque, mucha

Exemple : Boucher. Enlevant le b du commencement et le remplaçant par un l, nous avons  loucher. Puis le b placé à la fin, nous obtenons loucherb.  Si nous ajoutons les syllabes ème,  nous avons le mot complet loucherbème.  

Autres exemples : quarante : Larantequé. Vingt : Lingtvé.  Café : Lafécesse. Par là, on voit comment s’est formé le mot « Lou-phoque » ou mieux « Loufoque. » 

Fou — louf — loufoque.emo_190

« La Joie de la maison. » Paris, 1892.
Peinture : Annibale Carracci.

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Autre sens

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grandville

M. Paul Stapfer, linguiste des plus érudits, nous a enseigné a nous défier de la vraie signification des mots.

Il est, par exemple, fort agréable de s’entendre dire que l’on est un homme émérite. Or, cet adjectif que l’on croit flatteur signifie réellement : « mis à la retraite ». De même mièvre ne veut pas dire réellement mignard et langoureux, mais vif et malin, et truculent n’a aucun rapport avec la richesse des couleurs et des formes, la force ou la gaieté, et n’est qu’un mot latin qui signifie cruel.

Où irons-nous, si cela continue ?

Illustration : J. J. Grandville.