locataire

Bail, bail !

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criUn vol d’une nature fort extraordinaire s’est commis dans un des chefs-lieux de canton de l’arrondissement de Château-Thierry.

Un propriétaire, qui depuis longtemps n’habite plus cet arrondissement, avait pris le parti de louer une petite maison qu’il y possède à un locataire sur lequel on lui avait donné les renseignements les plus satisfaisants. Pendant longtemps le locataire paya très exactement le loyer de sa maison. Le propriétaire, qui recevait ses loyers par l’intermédiaire des messageries, n’avait ni le temps ni même la volonté d’aller voir si sa maison était en bon état, puisqu’on le payait bien et qu’on ne faisait aucune réclamation.

Enfin, le locataire, contre sa coutume, ayant laissé passer deux termes sans payer, et plusieurs lettres étant restées sans réponse, le propriétaire s’en émut, prit la diligence, arriva un beau matin dans la rue où était sa maison. Il cherche, mais inutilement : la maison n’y était plus. Il trouve à la place un terrain plat, et il apprend des voisins que l’ancien locataire a fait démolir sa maison, dont il a vendu les matériaux. 

On assure que ce voleur en gros s’est enfui à l’étranger. 

« L’Entr’acte versaillais. » Versailles, 1865.

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Une histoire de terme

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corot

Corot, le peintre fameux, était copropriétaire, avec sa soeur, d’une maison située faubourg Poissonnière. Un jour, un de ses locataires (un tailleur)  vient le trouver : il ne pouvait pas payer son terme.

Que voulez-vous que je fasse pour vous ? demanda Corot. Je ne peux pas intercéder auprès de ma sœur, cela ne servirait à rien, je suis si mal vu de ma famille !

En effet, si extraordinaire que cela puisse paraître, le grand homme passait auprès des siens, pour « celui qui n a pas réussi ».

Tenez, ajouta le père Corot, voici de  l’argent, quatre cents francs. Mais, surtout, n’en dites rien ; Je me ferais agoniser de sottises.

L’indiscret tailleur, sous un prétexte ou un autre, prit l’habitude de revenir, chaque avant-veille du terme, toucher ses quatre quatre cents francs.

Et Corot avait ce mot exquis :

J’ai l’air d’être généreux, mais, en somme, j’y gagne, puisque sur ces quatre cents francs il m’en revient la moitié.

« Touche à tout : magazine des magazines. »  Arthème Fayard, Paris, 1909.
Illustration : Centre.France. Larep.fr

Juge et partie

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tribunal

A Warasdin, en Yougoslavie, le Tribunal siège dans un local dont l’État est simplement locataire. Le propriétaire, en raison d’une nouvelle loi sur les loyers, demanda une augmentation qui fût refusée.

Sur quoi le propriétaire assigna son locataire devant le tribunal même de Warasdin. Celui-ci jugea qu’à défaut de l’augmentation demandée il y avait lieu à expulsion.

Le jugement fut confirmé en appel et, s’il n’intervient pas une entente, le Tribunal, condamné par lui-même, va être expulsé…

C’est la preuve que l’on peut, en toute équité, être juge et partie.

« Le Détective. »  Paris, 1927.