Loch Ness

Encore le monstre

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sherlock-holmes-nessieL’expédition scientifique organisée par le Daily Mail pour établir l’existence du monstre de Loch Ness assure que, pour la première fois, elle s’est rencontrée face à face avec le fameux serpent de mer. 

Cette expédition travaillait hier comme d’habitude, c’est-à-dire partagée en deux groupes dont l’un parcourait les rives du Loch Ness tandis que l’autre groupe se tenait à proximité, en canot automobile. Voici les cinq témoignages à peu près concordants qui ont été donnés par les membres de l’expédition. M. W. R. Turner, photographe du Daily Mail, donne les précisions suivantes : 

J’ai vu quelque chose qui se dirigeait avec une grande vitesse vers Drumnadrochit Bay et qui ressemblait à un canot automobile. J’ai pu distinguer nettement un objet noir qui pouvait être une bosse ou une nageoire. Cet objet produisait dans l’eau, autrement tranquille du Loch Ness, une vague énorme. Après quelques secondes, cet objet a disparu sous l’eau. 

M. M. A. Wetherell, explorateur africain attaché à l’expédition, a dit : 

C’était un objet noir d’une longueur d’à peu près quatre ou cinq mètres. J’ai appuyé sur l’accélérateur  pour approcher du monstre, mais il fit immédiatement un plongeon. D’après la vague qui le suivait, ça devait être un grand et très puissant animal. 

M. W. Renwick, pilote d’hydravion, donne les mêmes précisions sauf à prétendre que la partie de l’animal qui émergeait de l’eau avait de six à sept mètres de longueur. MM. G. O. Pall, photographe spécialiste des animaux sauvages, et T. G. Smith, mécanicien du canot, confirment les dires de leurs camarades et précisent que le canot dans lequel ils se trouvaient avait été très fortement ballotté par les remous produits par l’animal.

« L’Intransigeant. » Paris, 1934. 
Illustration : Une scène du film de Billy Wilder, La vie privée de Sherlock Holmes, 1970.

Il y a maintenant trois monstres

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loch-ness-monstreC’était à prévoir ! Le monstre de Loch Ness a obtenu trop de succès publicitaire et surtout financier pour ne pas réveiller les appétits vaniteux et voraces d’autres requins préhistoriques.

Le jour de l’An, on signalait la présence d’un monstre en Méditerranée, au large des côtes de Valence. Et ce matin, nous avons une troisième addition à la tribu des monstres. Cette fois-ci, d’après une dépêche de Stockholm, il aurait élu son domicile dans un lac situé dans la province d’Ostergotland. Ces monstres ne craignent pas l’eau froide !  A quand le monstre du Pôle Nord ? Mais celui  d’Ostergotland me surprend d’autant plus que, d’après mes expériences en Suède, par ce temps de l’année et mes minimes connaissances géographiques, ce lac doit être gelé d’un bout à l’autre et presque de part en part. Toutefois, la dépêche donne de telles précisions que l’on est forcé de ne pas la traiter à la légère.

La « tête du monstre, qui avait quelque chose de chevalin »  (cela semble familier, on a déjà entendu cette phrase pour le monstre de Loch Ness, dont il doit être le cousin), « était à un mètre au-dessus de la surface de l’eau ». Si la glace a 75 centimètres ou même un mètre d’épaisseur, ce monstre doit avoir le cou plus solide que les gros lutteurs que vous voyez au Palais des Sports ! Nous continuons, d’après la dépêche : « Il avait 35 pieds (une dizaine de mètres de longueur). Mais il semble être très timide, car il disparut aussitôt. »loch-nessAllons-y pour le « monstre timide ». Je croirais plutôt que c’est un monstre en patins. Il ferait un bien bon gardien de but pour les parties de hockey. En attendant, je vous donne les dernières nouvelles de notre vieil ami du Loch Ness.  

Hier, il a été vu par M. William Macintosh, un commis-voyageur en vins, whisky et épicerie de Fort Augustus. M. Macintosh arrêta son automobile au bord de la route qui longe la rive de Primerose Bay, à une faible distance de la Halfway House, une des hostelleries les plus renommées de Loch Ness. Le commis-voyageur en vins vit alors un colossal animal noir entrer dans la baie de Primrose et approcher à moins de cent mètres de la rive. II nagea, tout à son aise, pendant trois ou quatre minutes, mais à l’arrivée d’une autre automobile il parut effrayé par le bruit du moteur et mit le cap sur, le large, sa queue tournant dans l’eau comme l’hélice d’un contre-torpilleur filant à 30 nœuds à l’heure.

Je vous raconte cette histoire de commis-voyageur sans prendre aucune responsabilité. Les recherches continuent à Loch Ness. On se sert maintenant d’instruments appelés « hydrophones » qui, pendant la guerre, rendirent de grands services en permettant de trouver la position de sous-marins. Ces instruments, surtout les derniers inventés, sont d’une telle sensibilité, qu’ils permettent d’enregistrer et de localiser le plus léger bruit sous l’eau.Le Doodle de Google du 21.04.2015Le monstre de Loch Ness court le risque d’être bientôt pris dans un filet, comme un vulgaire sous-marin.

Tom Topping. « L’Intransigeant. » Paris, 1934.

Le monstre de Loch Ness

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Tim-DinsdaleA l’Assemblée générale de la Société Linnéenne de Londres, tenue le 8 novembre 1934, le « monstre de Loch Ness » a été, pour la première fois, étudié par une société scientifique. Sir Edward Mountain a fait le compte rendu des recherches entreprises pour identifier l’animal : vingt guetteurs ont été répartis autour du Loch, sous la direction du capitaine Fraser. Ces guetteurs étaient tous munis d’appareils photographiques et de lunettes d’approche.

Pendant la première quinzaine de juillet dernier, l’animal a été vu 21 fois. En septembre, un film a été pris par le capitaine Fraser à l’aide d’un télé-objectif à la distance d’environ 1 600 mètres. Il a été reconnu que la partie de l’animal, visible dans le film, pouvait être évaluée à environ 2 mètres et demi de longueur.

La première impression de la plupart des membres fut que l’allure de l’animal, tel que le film le montrait, était celle d’un phoque, mais de sérieuses objections à cette manière de voir furent soulevées, notamment par le Commander R. T. Gould. Sir Smith Woodward s’éleva contre l’hypothèse que le « monstre » put être un reptile de l’époque secondaire. Le capitaine G. J. Dollman est convaincu que c’est une loutre.

En résumé, aucune conclusion ne peut être tirée de cette discussion, l’opinion unanime étant que de nouvelles observations sont nécessaires.

« La Géographie : bulletin de la Société de géographie. » Paris, 1934. 
Illustration : Tim Dinsdale, the aeronautical engineer and Nessie hunter.