Londres

Savants réactionnaires

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great-westernLes savants seraient-ils comme les simples mortels, en proie à jalousie ? En fait, ils ne se montrent pas toujours favorables aux innovations.

En 1836, lorsqu’il était, question d’établir un service régulier de paquebots à vapeur entre l’Angleterre et l’Amérique, Lardner un professeur de Londres, prouva par une série de profonds calculs, que l’entreprise était impossible et, à Bristol, dans une conférence publique tenue à cet effet, il déclara en propres termes qu’essayer de traverser l’Atlantique avec les paquebots à vapeur serait aussi insensé que de prétendre aller dans la lune.

Pendant ce temps on construisait le Great-Western qui, en avril 1838, sans s’inquiéter de l’algèbre du professeur Lardner, partait de Bristol, et arrivait quinze jours après à New York, en même temps que le Sirius, autre bateau à vapeur parti trois jours avant lui de Cork (Irlande).

Il eût été curieux de voir à cette époque la figure du savant professeur.

Gazette de France, 1891.
Illustration : Mark Myers.

Un gentleman

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walter-sickert

Walter Sickert, ce peintre anglais dont on aime, à Londres et à Paris, les nus, les rues, les music-halls et les intérieurs, était attablé l’autre jour dans un café de Dieppe.

Un Américain entre, qui lui demande où sont les W-C. Sickert (il était en compagnie d’une dame) estime inconvenante la question. Un instant il hésite à répondre. Enfin il répond : 

Prenez ce couloir, tournez à gauche, montez trois marches, tournez à droite. Vous aurez devant vous deux portes à panneaux de verre dépoli. Sur l’une vous lirez : Gentlemen… Vous entrerez quand même. 

« Le Bulletin de la vie artistique. » Paris, 1921.

Pour attirer la clientèle

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thomas-cook

Ceux qui, à l’époque des vacances, s’entassent péniblement dans des compartiments bondés auraient du mal à croire qu’il y eut un temps où les Compagnies de chemins de fer se voyaient obligées d’offrir des distractions aux voyageurs pour s’attirer leur clientèle. 

Pourtant, tel fut le cas en Angleterre quand la première voie ferrée partant de Londres même : celle de Greenwich, fut mise en service. Les Anglais, traditionalistes comme chacun sait et grands amateurs de chevaux, étaient dans leur ensemble défavorables au nouveau genre de locomotion qui menaçait de faire disparaître les anciennes diligences. Aussi la Compagnie, pour remplir ses wagons, dut-elle installer à diverses stations du parcours des orchestres dont les musiciens, habillés d’un uniforme semblable à celui des gardes de la Tour de Londres, jouaient des airs entraînants. 

Le public se laissa prendre au piège et bientôt on dut refuser du monde. Inutile de dire que, sitôt le but atteint, les musiciens disparurent. Mais l’habitude était prise de voyager en chemin de fer.

Le rouget sous la cendre

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rouget

Me pardonnera-t-on de laisser un instant de côté les on-dit et les on-fait et de parler cuisine ? Il est vrai qu’il s’agit de cuisine distinguée, délicate, voire artistique. Le rouget sous la cendre ! Il paraît que c’est une merveille imaginée dans un hôtel « esthétique » à Londres. 

Oyez plutôt : je vous en prie, évoquez un instant ce rouget. Qu’il soit bien assaisonné, relevé d’une pointe de romarin et de thym, légèrement oint de belle huile d’olive et couché dans une caisse de papier également huilée. Enfin, imaginez-le accommodé d’une petite sauce où se marient l’échalote finement hachée, le beurre au jus de citron et le vin blanc sec aux trois quarts réduit. Puis mis au four, dans une gaine faite de deux caisses hermétiquement emboîtée, protégée par un papier huilé et enfin recouverte d’une épaisse couche de cendre. Qu’après dix minutes de cuisson la caisse soit retirée et démaillotée, il s’en échappe un fumet divin…

Quelle qu’ait été la vie de ce rouget, une telle fin rachète bien des erreurs. 

Illustration : opalyne.centerblog.net

Dilemne

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taverne

A Londres, toutes les vieilles dévotes se sont réunies et ont rendu visite à lord Palmerston. Elles lui ont demandé en grâce de faire immédiatement fermer tous les cabarets et de défendre le débit de boissons enivrantes.

Lord Palmerston aurait répondu qu’il était prêt à satisfaire à leur demande, mais qu’il serait dans ce cas obligé de supprimer en même temps toutes les vieilles dévotes, par l’excellente raison que leurs maris ne s’enivrant plus, elles n’auraient plus aucune raison de gronder et, par conséquent, seraient tout à fait inutiles en ce monde.

La députation a senti la justesse de cette réponse et s’est retirée gracieusement.

Un mystère de Londres

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Le mardi 15 décembre 1868, à Londres, un étranger, accompagné d’une dame, se présente chez le gardien de la colonne du duc d’York et demande à monter au sommet du monument. Le gardien ouvre la porte, l’étranger monte, laissant sa compagne au pied de la colonne et… il ne redescend plus.

La dame, inquiète, ne sait que penser d’une absence aussi prolongée. Le gardien escalade enfin l’escalier en colimaçon de 168 marches. Quelle n’est pas sa stupéfaction, en arrivant au sommet, de ne voir personne ! Le grillage qui ceint la plateforme panoramique est intact, donc l’étranger n’a pu se précipiter sur le pavé. Le gardien redescend, furète dans tous les coins, interroge tous les renfoncements. Rien, absolument rien ! pas le moindre atome d’étranger !

La dame s’arrache les cheveux, en demandant son mari. Un rassemblement se forme, la police arrive. On ne cesse de monter et de descendre le monument en pierre, en examinant les plus petits recoins : l’étranger n’y est pas ! La pauvre dame a été amenée à la station de police pour y faire sa déposition. Elle arrivait la veille de Slough, où elle tient avec son mari une pension de demoiselles.

Il va sans dire que cette disparition extraordinaire intrigue à un très haut point la curiosité du public, et il y a des personnes qui se demandent s’il n’y a point là-dessous de sorcellerie.

Le fantôme du cab

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cab

L’Occult Review, en 1913, raconte le fait suivant, dont un de ses lecteurs lui a envoyé le récit :

Je me promenais dimanche dernier dans Londres, avec un ami. Nous venions d’arriver à Gordon Square et nous cherchions une voiture. Il en survint une. Tout-à-coup, nous remarquâmes qu’il y avait quelqu’un dans cette voiture et cependant le drapeau indiquait « voiture libre ». Comme elle passait près de nous à notre grande surprise, nous nous aperçûmes que le cab était vide, cette fois.

Mon compagnon appela le cocher et lui dit qu’il venait de voir un fantôme dans son cab.

— C’est bien possible, répliqua celui-ci, il y a quelques jours, j’ai chargé une personne qui, au bout d’un moment, ne donnait plus signe de vie. Pour éviter des ennuis, j’ai mis le corps dehors, et avec grande stupéfaction, je l’ai revue ici, à cette même place, une heure après.

Mon ami et moi, nous en tirâmes la conclusion que le mort ainsi expulsé s’était matérialisé et était venu s’asseoir à la même place dans le cab.