Lorient

La circulaire

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Depuis la fondation de la République, la circulaire interdisant les recommandations a été signée plus de vingt fois par des ministres animés des meilleures intentions. Elle a toujours eu le même succès.

En 1894, M. Félix Faure, ministre de la Marine, la fit envoyer à tous les préfets maritimes qui la communiquèrent à tous leurs subordonnés. Huit jours après, un colonel de Lorient reçut une lettre où on signalait à sa bienveillance un jeune adjudant, qui allait passer un concours : elle était signée de M. Félix Faure.

Le colonel transmit la lettre au commandant qui devait présider au concours. Le commandant, qui avait ce qu’on appelle un sale caractère, mit la lettre au rebut.

Le mois suivant, M. Félix Faure vint visiter Lorient. Il se fit présenter le colonel et lui demanda des nouvelles de son protégé. Le colonel s’empressa de répondre qu’il avait fait le nécessaire et que le commandant G… avait été chargé par lui d’assurer le succès du jeune adjudant.

On appela le commandant qui déclara sans ambages :

Mon colonel, je me suis conformé à la circulaire récente de M. le ministre de la Marine qui interdit de tenir compte des recommandations.

M. Félix Faure tourna brusquement le dos à l’intraitable commandant et le colonel gémit. 

Malheureux, vous venez de me faire perdre ma croix de commandeur !

« Le Cri de Paris. » Paris, 1915.

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Les sorciers voleurs de beurre

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C’est dans la journée du 1er mai que les sorciers ont le pouvoir de jeter des sorts sur le lait et sur le beurre et de se l’approprier d’une façon mystérieuse. Voici ce qu’on pratique dans les environs de Lorient pour se garantir de leurs maléfices.

On commence par faire sortir les bestiaux de l’étable que l’on nettoie à fond, puis on va chercher des ronces, du laurier, du sureau, des morceaux de cuir, etc., que l’on fait brûler tout autour de l’étable dans des pots remplis d’avance de charbons allumés.. On fixe ensuite aux murs un grand nombre de branches de sureau. Quand ces préparatifs sont terminés, on fait rentrer les vaches dans l’étable, à reculons, cérémonie qui doit empêcher les voleurs de beurre d’exécuter leurs larcins (1)

Ce n’est pas tout, il faut encore se procurer une ronce ayant une racine à chacune de ses extrémités, (ce qui, paraît-il, peut se trouver assez facilement) et la fixer sous forme de demi- cercle au-dessus de la porte de l’étable.

(1) Cet usage de faire rentrer les vaches dans l’étable à reculons se rattache vraisemblablement à un épisode du mythe d’Hercule.

« Mélusine. » Paris, 1878.