madame de Genlis

Changement de condition

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Passant à Saint-Denis, raconte  Madame de Genlis, j’entrai avec émotion dans le couvent des Carmélites, où une princesse, la fille d’un roi de France, (Louis XV) venait de s’enfermer pour toujours. Je demandai à la voir… Madame Louise permit les questions et y répondit brièvement, mais avec bonté. Je lui demandai quelle était la chose à laquelle, dans son nouvel état, elle avait ou le plus de peine à s’accoutumer.

« — Vous ne le devineriez jamais, m’a-t-elle répondu en souriant : c’est à descendre seule au petit escalier. Dans les commencements c’était pour moi comme un précipice effrayant. J’étais obligée de m’asseoir sur les marches, et de me traîner pour descendre. »

En effet, une princesse qui n’avait jamais descendu que le grand escalier de marbre de Versailles, en s’appuyant sur le bras de son chevalier d’honneur, et entourée de ses pages, a dû frémir en se trouvant livrée à elle-même, sur les bords d’un escalier bien haut, bien raide, et formé en colimaçon.

« Musée des familles. »  Charles Delagrave, Paris, 1897.
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Citation du day

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Madame_de_Genlis_1780

On s’étonne trop de ce qu’on voit rarement et pas assez de ce qu’on voit tous les jours.

Madame de Genlis.