Madrid

Un guide royal

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Philippe II, roi d’Espagne, fils de Charles-Quint, se trouvant un jour au palais de l’Escurial, seul et et sans aucune marque de la royauté,un visiteur l’aborda et lui demanda tout bonnement l’explication des tableaux dont les galeries étaient ornées. 

Philippe le satisfît avec complaisance. Le visiteur, au moment de se retirer lui dit : 

 Monsieur, je suis un tel, je demeure en telle ville, et si jamais vous passez par là, et que vous vouliez venir me voir, je vous ferai boire du bon vin.
— Et moi, dit le monarque, je m’appelle Philippe II, roi d’Espagne. Si jamais vous passez par Madrid et que vous veniez me voir, je vous en ferai boire du meilleur.

Gazette de France, 1891.

Un mariage par surprise

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Un événement, qui occupe vivement la haute société de Madrid, s’est produit dimanche dernier, dans l’église de la Conception.

Au moment où le prêtre officiant quittait l’autel, deux jeunes gens se jetèrent à ses pieds en se déclarant réciproquement :

Je t’aime et je consens à t’épouser.

Le jeune homme est un tout petit employé de la Cour des Comptes, Juan Milla, et la jeune fille s’appelle Josefa Ramirez de Arrellano y Moyano, fille de la richissime marquise de la Fuensenta del Balle.

Les jeunes amoureux étaient accompagnés du comte de Jover, du major Estrada et du dessinateur Antunez. Ces mariages, qu’on appelle matrimonios  por sorprisa (mariages par surprise) sont fréquents en Espagne. On les lient pour valables devant l’église.

En tout cas, celui qui nous occupe sera un régularisé : touchée par tant d’amour, la marquise, qui jusqu’à présent s’était obstinément refusée à donner son consentement, vient d’autoriser sa fille à s’unir au roturier Juan Milla.

 « Arcachon-journal » 1899.
Peinture de Antonio López García.