mal de mer

Danse du ventre et naupathie

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mal de merEst-ce le bon remède contre le mal de mer cette fois ? En tous cas, enregistrons-le. Il est dû à un médecin sanitaire maritime, le docteur Widmann et consiste simplement dans la danse du ventre, à laquelle on procède comme suit : 

Aussitôt que l’on ressent les premiers symptômes, ce terrible froid aux tempes, qui vous  rend livide, il faut se mettre debout, les pieds écartés de près d’un mètre, parallèlement à deux appuis fixes, par exemple deux tringles distantes l’une de l’autre de 40 à 50 centimètres et qu’on saisit vigoureusement, de chaque main, à hauteur des épaules. On est ainsi installé, d’une façon assez solide. Les pieds ni les mains ne doivent plus bouger. danse-ventreOn imprime alors à l’abdomen un mouvement alternatif d’arrière en avant et d’avant en arrière ou de droite à gauche, puis de gauche à droite, de façon à produire un massage ininterrompu, lent et doux sur les masses abdominales. L’inventeur de ce moyen affirme que les passagers embarqués à bord de l’Oasis, qui ont suivi ce conseil, ont réussi à faire avorter totalement, en quelques minutes, le mal de mer, dont ils commençaient d’éprouver les désolants symptômes. 

« Touche-à-tout. » Paris, 1904.

Mal de mer

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Ce qui rend particulièrement sympathique le roi d’Espagne aux Parisiens, c’est sa crânerie. Celui qui reste, malgré sa longue taille, le « petit roi », est familier à notre pays.On a pu le voir, à Biarritz, dans ces voitures de place, accompagné d’amis qui se pressaient en grappes, dans la capote, sur le marchepied.

Personne n’a oublié l’ovation qui l’accueillit après l’alerte tragique qui secoua Paris lors de son premier voyage. Et pourtant, malgré son indéniable bravoure, le « petit roi » eut, en France, un instant d’émotion. Il devait s’embarquer à Cherbourg. Il s’enquit avec inquiétude de l’état du ciel. Il paraissait hanté par le fantôme du mal de mer. Et comme un chambellan lui faisait remarquer que, l’année précédente, il avait passé la revue de la flotte espagnole dans la rade de Carthagène, par un très gros temps, et qu’il lui rappelait qu’il n’avait eu aucune préoccupation, il répondit :

— Carthagène est en Espagne. Si je suis malade en Espagne, c’est sans importance. Si demain je suis malade sur un bateau anglais, auprès d’officiers anglais, je serai ridicule.

Le lendemain, la mer était forte, mais Alphonse XIII ne fut nullement ridicule.

« L’Homme libre. » Paris, 1913.